Le Parti Socialiste a démontré, à travers l’organisation des « primaires citoyennes », qu’il était capable de renouveler profondément ses pratiques politiques. Il est regrettable qu’il n’en soit pas de même en ce qui concerne ses idées et ses propositions. A défaut d’un candidat libéral à cette élection, le MLG apporte son soutien au prétendant radical, Jean-Michel Baylet.

C’est avec la plus grande attention, comme des millions de sympathisants de gauche, que les militants du MLG ont suivi les débats qui ont animé la campagne pour les « primaires citoyennes » organisée par le Parti Socialiste et son allié radical. Une innovation que nous saluons et à laquelle nous invitons nos adhérents et sympathisants à participer dimanche.

Pour autant, les propositions avancées par les différents candidats ne nous ont pas convaincues.

Alors que notre pays a besoin d’une réforme profonde et urgente de son modèle social, dont l’architecture même est remise en cause par l’explosion de la dette publique et la persistance d’un chômage endémique que nul ne prétend même plus résorber, la plupart des candidats ne nous proposent que des ajustements à la marge d’un système à bout de souffle.

Qu’il s’agisse de l’organisation du travail, de la crise du logement, des quartiers abandonnés, de la faillite de l’école, de l’insertion ou de la grande pauvreté, c’est en vain qu’on cherchera dans les propositions des candidats socialistes les idées nouvelles qui constitueraient un début de réponse à ces impérieux défis auxquels ne pourra pourtant pas échapper le prochain gouvernement.

Notons l’heureuse exception que constitue la promesse d’un système de retraites à la carte, sur le modèle suédois, qui semble en bonne voie de faire consensus au Parti Socialiste. Il est dommage que les différents candidats ne se soient pas inspirés davantage des réformes audacieuses menées par leurs camarades suédois, qui ont su en quelques années juguler l’endettement de leur pays, moderniser son administration et dynamiser son économie, tout en maintenant un niveau inégalé de prestations sociales.

On déplorera aussi l’absence de toute stratégie de désentettement crédible, alors même que le service de la dette constitue désormais le premier poste de dépenses du budget. Au contraire, c’est en proposant de nouvelles dépenses publiques, plutôt que par des projets de réformes, que la plupart des candidats ont cherché à se distinguer lors des débats.

Cela dit, à contrario de la surenchère interventionniste pratiquée par certains – mais faut-il s’en étonner de la part de ceux qui vont chercher la bénédiction communiste à la Fête de l’Humanité ? -, entre lubies de démondialisation, interdiction des licenciements ou de la spéculation, tutelles publiques et autres blocages des prix, il nous faut saluer la détermination des deux candidats qui, d’un bout à l’autre de la campagne, ont su rappeler aux uns et aux autres la vanité des velléités étatistes et le devoir de vérité de la gauche face à la situation de nos finances publiques.

Le premier, Manuel Valls, a su éveiller depuis longtemps la curiosité et l’intérêt des libéraux de gauche en déclarant vouloir « réconcilier la gauche avec la pensée libérale », en écrivant que la nouvelle frontière de la gauche devait être de « donner à chaque individu les moyens de son autonomie » ou encore qu’il était temps d’ « en finir avec le vieux socialisme pour être enfin de gauche ». Il a su faire aussi des propositions audacieuses, comme la liberté des universités.

Nombre de nos adhérents lui apporteront sans doute leur voix dimanche, pour faire entendre ce message de rupture libérale au sein du vieux Parti Socialiste, dont Valls veut aussi changer le nom.

Hélas, le libéralisme de Manuel Valls tend à disparaître, au profit d’un brutal autoritarisme, quand il s’agit de garantir à chacun la liberté de disposer de son corps comme il l’entend. Aussi, le soutien définitif qu’il apporte à la politique de prohibition désastreuse menée par l’actuel gouvernement, d’autant plus regrettable pour un candidat qui a mis les questions de sécurité au cœur de son projet, nous interdit de lui apporter le nôtre.

Le second, Jean-Michel Baylet, s’est au contraire affirmé, pendant cette campagne, comme un promoteur résolu des libertés individuelles, en défendant notamment la légalisation du cannabis ou le droit de chacun à mourir dans la dignité. Il s’est également montré en pointe sur la question européenne, seul prétendant à affirmer le choix d’une Europe fédérale. Sur ce sujet essentiel, les autres candidats se sont montrés particulièrement en retrait, alors même que la question est au coeur des débats sur la crise de la dette.

En conséquence, le représentant des radicaux de gauche nous apparaît, parmi les candidats aux primaires, comme celui dont les valeurs sont les plus proches des nôtres, celles de la gauche libérale, libertaire et solidaire que nous voulons voir éclore dans notre pays. C’est à ce titre que notre organisation lui apporte, pour cette consultation, son soutien.