Présidentielle : l’impasse antilibérale
Au terme d’une campagne électorale qui fut, pour tous les amoureux de la liberté, une épreuve de chaque instant, le second tour, opposant deux candidats rivalisant dans l’antilibéralisme et les promesses chimériques, apparaît comme un cul-de-sac.
Pour les libéraux de toutes sensibilités, la campagne électorale qui s’achève fut un véritable chemin de croix, qui se mue en impasse face à l’alternative du second tour, qui opposera deux candidats aux discours anachroniques, rivalisant dans l’antilibéralisme.
Tous deux promettent symétriquement le renforcement des prérogatives d’un Etat pourtant omniprésent dans la vie des Français, rognant chaque jour un peu plus sur les libertés et dont la déraison a trouvé ses limites dans la crise des dettes souveraines.
De la droite au pouvoir nous n’attendions rien.
Ceux qui, parmi les libéraux, avaient misé sur les promesses de rupture du candidat Sarkozy en 2007, espérant une réforme en profondeur de notre « modèle social » en déroute et un semblant de responsabilité budgétaire, en sont aujourd’hui pour leurs frais.
Si quelques initiatives heureuses avaient marqué le début du quinquennat – RSA, autonomie partielle des universités, statut d’auto-entrepreneur ou rupture conventionnelle du contrat de travail – les ambitions réformatrices affichées ont bientôt fait place, à la faveur de la crise, à la démagogie des peurs : surenchère sécuritaire, désignation de boucs émissaires, xénophobie décomplexée, défiance antieuropéenne, mépris des contre-pouvoirs, poujadisme ordinaire.
Qui s’étonnera que se profile désormais une alliance réactionnaire à la droite de l’échiquier politique, plébiscitée dans les sondages par une large majorité d’électeurs UMP, qui ont acté la validation des thèses historiques du Front National par le Président sortant ?
Il va de soi que nous ne pouvons nous retrouver dans le projet de ce candidat et de cette droite. Mais combien d’entre nous apporteront pour autant leur suffrage au représentant de la gauche ?
Une gauche qui n’a pas été capable, après dix années dans l’opposition, de formuler un véritable projet réformiste pour le pays, se contentant de troquer ses vieilles lubies marxistes pour un discours de totale vacuité, ponctué de « changement » et de « rassemblement », avec pour seule ambition l’alternance et pour tout horizon l’inertie.
Une gauche qui continue d’ignorer les mécanismes de l’économie ouverte et la réalité de la globalisation du monde, qui feint de croire encore qu’on peut bloquer les prix des loyers ou celui des carburants, dont le candidat peut accuser sans rire la droite d’avoir « participé à la mondialisation libérale, à l’Europe de la concurrence, à l’ouverture des marchés ».
Une gauche enfin qui méprise les libertés, à commencer par la première d’entre elles, celle qu’a chacun d’user de son propre corps comme il l’entend. Aussi, elle promet de poursuivre la répression des usagers de drogues et envisage désormais la pénalisation de la prostitution.
Pourtant, de la gauche nous espérons.
Qu’elle se réconcilie avec la pensée libérale, injustement décriée dans ses rangs et assimilée à un conservatisme, alors qu’elle fut pourtant celle de la gauche des origines, celle de la Révolution et de la devise républicaine qui est aussi la sienne : Liberté, Egalité, Fraternité.
Qu’elle fasse de l’émancipation des individus sa nouvelle frontière, comprenne enfin la force sociale extraordinaire de l’initiative, du goût du risque et de l’engagement individuel, ainsi que le poids que constitue l’emprise excessive de l’Etat sur nos vies et nos activités.
Qu’elle engage, à l’instar de ses camarades sociaux-démocrates européens, suédois par exemple, les réformes de structure, alliant justice et efficacité économique, qui pourront seules permettre la modernisation de notre système social, devenu aussi injuste qu’inadapté.
Qu’elle se mobilise pour défendre l’égalité des chances, celle de tous les citoyens devant la loi, l’accès libre pour chacun aux marchés et aux métiers, la liberté de contracter, la fin des privilèges et des corporatismes qu’elle sert hélas trop souvent plutôt que de les combattre.
Enfin, si la victoire lui est accordée par les Français, confrontée à l’exercice du pouvoir et aux tumultes de la crise européenne, qu’elle sache puiser dans la mine des idées libérales les instruments nouveaux du progrès et de la justice qui seuls lui permettront de sortir la France de l’impasse et de ne pas décevoir encore.
Puisse la gauche répondre à ces espérances et elle pourra compter sur notre soutien.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par LibGauche le 4 mai 2012 à 22:40, et placée dans Communiqués. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |



about 1 year ago
Un communiqué bien médiocre qui renvoie dos à dos les candidats et refuse de tirer les conséquences de la dérive droitière intolérable du candidat sortant en apportant sans ambiguité un soutien au candidat de la gauche démocratique. Naturellement le programme du candidat socialiste n’est guère progressiste et peu enthousiasmant toutefois sur cette élection il n’y a pas à hésiter du point de vue des valeurs. Le MLG n’est absolument pas à la hauteur dans cette élection alors même que des personnalités du centre et du centre-droit ont osé prendre parti et appeler explicitement à battre la droite dure qui a fait régresser nos libertés ces cinq dernières années et son candidat qui reprends sans honte les thèmes de l’extrême-droite.
about 1 year ago
A un communiqué opportuniste appelant au secours d’une victoire annoncée, nous avons préféré refléter ce que la plupart de nos adhérents, quelque soit leur vote dimanche, ont sur le coeur à l’issue de cette campagne. Ce communiqué n’est pas pour autant symétrique et dénonce sans ambiguité la dérive de la droite et le discours de Nicolas Sarkozy, tout en adressant à la gauche un message bienveillant et nourri d’espoir quand à sa nécessaire évolution.
about 1 year ago
Je suis parfaitement d’accord avec Valery.
Ça me désole vraiment que la défense de votre splif pèse plus à vos yeux que la reconnaissance des droits des couples de même sexe, ou que vous ne preniez pas en compte le changement de gouvernance promis par hollande, avec une déconcentration des pouvoirs et moins de direction capricieuse.
Sérieusement, une « gauche qui méprise les libertés? ». C’est un splif les gars, un putain de splif.
Surtout, comment douter face à la campagne de sarkozy? Il dit haut est fort que la liberté, c’est les frontières, et que les bénéficiaires du RSA devraient absolument bosser 7h par semaine; ça vous dégoûte pas plus qu’un blocage des prix de l’essence pendant trois mois, ça?
Avant sa campagne, sarko c’est un mec qui avait mis en place des objectifs chiffrés de mise en détention provisoire des citoyens, et qui s’est battu avec son gouvernement contre les droits de la défense, il a fièrement fait face aux cours suprêmes françaises et européennes.
Mais bon, c’est vrai, il préfère monter la TVA que les charges sur le travail, ça vaut bien la mise au cachot de quelques citoyens lambda de temps en temps j’imagine.
Et puis vous feignez de croire en ce jeu débile de la 5ème République, dans laquelle on élirait un empereur pour 5 ans. Vous pensez vraiment que 5 ans de gauche vont pas faire progresser le pays sur l’émancipation de l’individu et la reconnaissance du droit légitime de chacun à consommer son splif?
Pour une fois j’aurais préféré que vous suiviez Bayrou
about 1 year ago
Les promesses de gouvernance irréprochable, on sait ce que ça vaut. Quand on voit le niveau de corruption qui règne dans certaines fédérations du PS, il faut vraiment être naïf pour leur faire confiance sur cette question !
about 1 year ago
Entre une droite incapable de se reconnaitre dans autre chose qu’un étatisme corporatiste et xénophobe et une gauche engluée dans ses passions socialistes et paternalistes, je crois bien que nous avons toutes les raisons de désespérer.
Quand dépasserons-nous enfin ce clivage gauche-droite qui n’a plus de sens depuis des décennies ? Qu’y a-t-il de plus proche d’un Mélenchon qu’une Marine le Pen ? Qu’y a-t’il de plus proche d’un Sarkozy qu’un Hollande ?
Plus que jamais, seule l’union des libéraux est notre seule chance de sauver ce pays.
about 1 year ago
Communiqué très juste. Persévérez, malgré les critiques. Amitiés libérales.