Le récent remaniement ministériel, s’il tient surtout du non-évènement, nous aura tout de même offert une satisfaction, la disparition du sinistre Ministère de l’Identité Nationale, et une saine clarification, la fin de « l’ouverture à gauche » qui s’est avérée une impasse.

C’est qu’ils avaient fière allure, ces pionniers de la gauche moderne et réaliste, qui lassés de n’être pas entendus dans leur camp, et au risque d’apparaître comme des renégats, décidaient en 2007 de rejoindre le gouvernement du président Sarkozy, fraîchement élu.

Celui-ci n’avait-il pas annoncé la fin de la Françafrique, une diplomatie des Droits de l’Homme ou un ambitieux plan Marshall pour les banlieues ? Et cette main tendue à des personnalités de gauche ne démontrait-elle pas un engagement à gouverner autrement ?

Que reste-t-il trois ans plus tard de cette aventure ? Malgré Jean-Marie Bockel, la Françafrique se porte toujours bien, malgré Fadela Amara, les banlieues se portent toujours mal, malgré Bernard Kouchner, la France a reçu avec tous les honneurs les dirigeants chinois ou libyens.

Il ne pouvait en être autrement, cette prétendue ouverture n’étant qu’une ruse et ces prises de guerre autant de trophées politiques, supposés témoigner de la déliquescence de l’opposition et rendre un peu plus difficile encore sa nécessaire recomposition.

Sous tutelle des conseillers de l’Elysée et de Matignon, aucun de ces ministres n’eut jamais les moyens de mettre en œuvre les projets qu’il portait, une expérience qui fut certainement très frustrante, et parfois même humiliante pour les intéressés. Ils avaient fui une mission incertaine, la difficile réforme de la gauche, pour s’embourber dans une mission impossible : moderniser la France avec un gouvernement de droite.

Le naufrage de cette expérience, dont les cobayes ont été des personnalités de gauche parmi les plus proches des idées libérales, aura eu au moins le mérite de clarifier une chose : la droite française est plus que jamais antilibérale. Et l’éviction simultanée d’Hervé Novelli, seul membre du gouvernement à assumer l’épithète maudit, qui n’a pourtant pas démérité en créant le statut d’auto-entrepreneur, finit d’en apporter la démonstration.

Mais pendant ce temps la rénovation de la gauche n’a pas pour autant progressé et les vieilles recettes étatistes ont encore la cote. Les éléphants et les jeunes lions, toujours prompts à excommunier les camarades divergents, le furent hélas moins à dépasser leurs archaïsmes pour imaginer un programme crédible de gouvernement.

Pourtant, seule une gauche pleinement réconciliée avec les idées libérales sera capable de proposer aux Français un projet de gouvernement à la fois cohérent, progressiste et crédible en 2012.

C’est à un tel projet que le MLG souhaite s’associer et apporter sa contribution.