Au rez-de-chaussée, dans mon HLM…
Alors qu’une étude rapporte que près de 10% des logements HLM sont occupés par des familles parmi les plus aisées, le MLG appelle à sortir de la logique du logement étatique de masse, un système nécessairement injuste et incapable d’enrayer la hausse des prix immobiliers, pour laisser enfin sa chance à un marché libre du logement.
Une étude récente de l’Observatoire de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale montre que 378.000 logements du parc social sont occupés par des ménages parmi les 20% les plus aisés, dont 50.000 familles disposant de plus de 11.200 euros par mois. Par ailleurs, quelque 800.000 logements sociaux seraient actuellement sous-occupés.
Pendant ce temps 1,2 millions de familles éligibles au logement social (65% de la population peut y prétendre) sont sur des listes d’attentes depuis parfois plusieurs années.
Des chiffres bruts qui cachent une réalité plus amère encore pour les familles pauvres : ces locataires fortunés sont bien entendu rarement contraints d’habiter les cités à problèmes mais se retrouvent presque toujours dans les opérations « intégrées » à des quartiers de bon standing, au nom de la mixité sociale. Les cités pourries, c’est pour les immigrés et les pauvres. La « mixité », pour ceux qui sont dans les petits papiers des potentats locaux.
Mais quand bien même l’attribution des logements sociaux serait parfaitement honnête, ce qui est un doux rêve, le problème ne serait pas pour autant réglé. En effet, lorsque le prix d’un bien subventionné, quasi-équivalent à un bien privé de même nature, lui est inférieur de moitié, voire plus, la loi de l’offre et de la demande condamne le bien subventionné à se trouver en pénurie, ce qui oblige les offreurs à gérer des files d’attentes.
Et au jeu du plus habile pour faire progresser son dossier au sommet de la pile, ce seront toujours les plus éduqués ou les plus impliqués dans la vie politique et associative locale qui sauront obtenir les meilleures places, comme nous le rappellent des révélations régulières sur les occupants les plus célèbres de ces logements.
On ne s’étonnera guère, dans ces conditions, que le taux de rotation dans le parc HLM de la ville de Paris soit inférieur à 4% (un ménage entrant reste 25 ans dans les lieux en moyenne) alors qu’il est de 20% (soit une rotation de 5 ans) dans le secteur privé.
Face à cette situation, les organismes sociaux réclament – ô surprise – plus de moyens et condamnent le « désengagement de l’Etat » pour construire plus de logements sociaux. Le même refrain nous est servi depuis les années 90, et plus personne ne peut y croire. La mécanique du logement social est viciée à la base : du fait de sa nature subventionnée, toute offre nouvelle souffrira des mêmes maux que l’actuelle si le système n’est pas changé.
Pour lutter contre le manque de logements et la hausse continue des loyers, des solutions existent pourtant.
D’abord, une grande loi de libération foncière, rendant tout terrain en zone périurbaine constructible par défaut, à l’exception des zones dangereuses, de l’espace protégé du littoral, des parcs naturels et des zones classées, ferait retrouver durablement aux prix du foncier un niveau raisonnable. Cela permettrait de construire assez rapidement des nouveaux logements en nombre suffisant pour faire baisser les prix dans des proportions importantes, réduisant considérablement les besoins de « traitement social » du logement.
Ensuite, la privatisation de l’essentiel du parc HLM, sous réserve qu’elle bénéficie d’abord aux ménages occupants lorsqu’ils en respectent encore les critères d’attribution, permettrait de fluidifier considérablement le marché locatif. Le reliquat du parc social devrait alors être réservé au logement d’urgence à court et moyen terme, pour ceux qui en ont le plus besoin.
Enfin, l’allègement des dispositifs imposés par la loi dans les baux de location, qui ont pour effet de surprotéger les locataires en limitant à l’extrême les possibilités d’action contre les mauvais payeurs, faciliterait certainement, en soulageant la méfiance des propriétaires, l’accession à la location privée à bien des demandeurs qui ne peuvent se loger aujourd’hui faute d’un « dossier » en béton ou de garants fortunés.
Diminuer le poids de l’Etat dans le domaine du logement, en ces temps de fortes tensions budgétaires, serait une solution inédite, après des décennies de « crise » perpétuelle subie par les familles modestes de France. Elle donnerait enfin sa chance à un marché libre du logement, susceptible de satisfaire la demande et de limiter la spéculation, et permettait de concentrer l’effort de solidarité publique sur les cas de réelle précarité.
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Pour approfondir ces questions, nous vous recommandons de consulter l’excellent site de Vincent Bénard : http://crisepublique.fr.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par LibGauche le 14 décembre 2010 à 17:41, et placée dans Communiqués. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez aller directement à la fin et laisser une réponse. Le ping n'est pas autorisé pour le moment. |



about 2 years ago
De l’autre côté de mon jardin, en Flandre belge, il n’y a AUCUN logement social, et on n’y parle jamais de « mal-logement ». Car là-bas on a depuis longtemps mis en oeuvre vos recommandations, en y ajoutant une autre : les revenus locatifs ne sont pas imposables ! Voilà comment on récompense les propriétaires qui rendent le service si précieux de prêter leur toit.
about 2 years ago
La liste Plan d’urgence en Ile de France qui « auait du » être déposée en mars dernier (et qui bien malheureusement a mal terminé……) avait dans son programme cette proposition de « vendre à leurs locataires les appartements HLM de la Ville de Paris »
Ecoutons Aurélien Véron (qui aurait figuré sur cette liste) sur ce point (désolée cette vidéo présente le programme « en entier », je ne sais pas « tailler dedans » pour passer exclusivement le sujet du logement !) :
http://www.dailymotion.com/video/xburb9_plan-d-urgence-pour-l-ile-de-france_news
Par contre, j’ai beau écouter Aurélien ou n’importe quel autre libéral je n’ai toujours pas compris le « comment faire » de cette mesure…….Comment vendre des appartements à des gens qui « à la fois ne possèdent pas l’argent nécessaire en épargne pour payer comptant et qui sont inéligibles au crédit car non solvables » ?? S’agirait-il de « leur prêter l’argent » pour qu’ils puissent rembourser chaque mois l’appartement à hauteur du montant de leur loyer mensuel ? S’il s’agit de faire cela, n’est-ce pas alors s’orienter précisément dans la fameuse politique américaine « responsable de la crise des subprimes » ? Et s’il s’agit d’autre chose, alors « de quoi s’agit-il » ? Si quelqu’un pouvait m’expliquer (tiens « peut-être vous Francisco », si cela a été mis en pratique dans votre localité ?) il serait bien sympa. Merci d’avance.
about 2 years ago
Le probléme en cas de privatisation c’est pour les entrants suivants qui risquent de ne pas trouver d’offres.
about 2 years ago
C’est vrai ! Je n’y avais même pas pensé, bravo à vous ! Il nous faut donc rapidement aussi réfléchir sur une solution à ce problème.
about 2 years ago
A Londres, vous ne verrez pratiquement pas de SDF, car les logements sociaux (ils existent, l’Angleterre n’est pas le pays ultralibéral qu’on décrit) sont réservés prioritairement aux plus démunis. Ceux-ci passent avant tout le monde, ce qui paraît assez logique.
about 2 years ago
Oui mais attendez, je crois qu’en la matière nous sommes tous en train d’oublier un fait passé primordial : la libéralisation de « tous » les loyers (y compris des logements HLM » sous le gouvernement Chirac (1986, je crois…….) ! En réalité « le HLM n’existe plus » puisque contrairement à son nom qui l’indique pourtant ses loyers ne sont plus « modérés » mais « alignés sur ceux du parc privé » ! Par conséquent les HLM ne sont pas fait tant que ça pour les « plus démunis » ! Car la plupart du temps les loyers son proches de 1800 F (excusez-moi de parler en francs, n’ayant pas encore de référence en euros en ce domaine…..) et à ces prix « l’APL est loin de couvrir la totalité du loyer » (ce qui est normalement son rôle) !……..Les logements HLM sont plutôt attribués aux « familles nombreuses » (essayez de chercher en France un F1 ou F2 en HLM, vous vous apercevrez de la pénurie !……..) ; ainsi la plupart du temps « deux ou trois bas salaires ou allocations » participent aux frais locatifs, de cette manière une famille peut s’en sortir. En réalité les vraiment très démunis (et surtout les personnes seules) « n’entrent même plus dans le cadre du HLM » ! Alors certaines communes (comme la mienne, j’ignore si cela se fait partout……..) en viennent à créer ou racheter des logements supplémentaires, appelés appartements « très sociaux », aux « loyers extrêmements bas », et dont « la commune seule est le propriétaire » (contrairement aux ex-HLM gérés par des sociétés mixtes).
Alors je rassure vite tout le monde : je ne suis pas en train de plaider en faveur du « retour à l’encadrement des montants des loyers » !! Je suis « libérale »et cette libéralisation est bien sûr une bonne chose ! Je sentais juste rappeler ce fait qui peut être, me semble-t’il, l’explication à certaines questions posées ici et peut-être notamment à celles de « l’Angleterre » : si les loyers de vos « HLM » sont « plus bas » que ceux des nôtres en France (soit par encadrement légal ou parce qu’une assez forte concurrence permet une baisse des montants), alors il semble « bien naturel que les plus démunis y soient prioritaires » ! Mais ici en France dans la situation que j’ai décrite, quand une personne ou famille n’est pas solvable au niveau du loyer, on ne peut malheureusement que la refuser et louer l’appartement au salaire supérieur !………
about 1 year ago
Pour information, le site Telos vient de publier un article intéressant sur ce thème : « Pourquoi il faut changer de politiques du logement » de l’économiste Hervé Boulhol : http://www.telos-eu.com/fr/article/il-faut-changer-de-politiques-du-logement
about 1 year ago
Par contre désolée sur ce sujet du logement, ma réalité de personne handicapée de naissance (que mon Dieu je n’ai pas choisie d’avoir !…) (et aussi parce que je pense que « une gauche libérale digne de ce nom doit s’imposer le devoir de prévoir dans son programme politique « une réelle prise en compte des personnes en difficulté » !) me retire le courage de souhaiter une moindre règlementation dans les « contrats de bail entre propriétaires et bailleurs » (car « sur tous les autres problèmes soulevés par Vincent Bénard, je partage son opinion ») ! Pire (oui je sais je vais vous faire bondir !…..) je serais même pour un « retour à l’époque où les baux étaient encore plus protecteurs » ! Eh oui, car il faut peut-être le rappeler, la « loi de 1948″ était « encore beaucoup plus protectrice du locataire », au sens où les baux étaient à « durée indéterminée ou d’au moins huit ans renouvelables (sais pas si vous imaginez !….) et qu’elle prévoyait un « maintien dans les lieux » en toutes circonstances pour les locataires de très longue durée (quinze ou vingt ans de présence dans les locaux, je ne sais plus exactement….) et « surtout pour les personnes handicapées » ! Désolée de vous dire ça mais la loi de 1989, en ramenant les durées de bail à « trois ans » renouvelables et en supprimant le maintien dans les lieux a donc déjà fait « un premier pas de libéralisation » dans les relations locataire /propriétaire » (sans encore pour autant pouvoir être qualifiée de « libérale », bien entendu) ! Et c’est « déjà un pas de trop pour les plus faibles » (ceux pour qui un déménagement s’avère « un défit insurmontable », comme pour moi) ! Et vous, vous demandez encore plus de libéralisation ! Et bien, moi dans mon cas particulier, ça ne peut que me faire peur (mais j’en suis bien désolée, j’aimerais pouvoir vous donner raison……car ça signifierait pour moi « être en bonne santé » !) et c’est compréhensible…..
Adhérente du MLG, le « retour à la loi locative de 1948 est une mesure que je compte proposer au programme » (autant prévenir de suite !).
about 1 year ago
Excusez la coquille, je voulais dire : souhaiter une moindre « libéralisation intensifiée dans la » règlementation au niveau des « contrats de bail entre propriétaires et bailleurs » , bien sûr : mea culpa !
Tenez, pour ceux qui ignoreraient l’existence de ce type de « bail loi de 48″ (c’est vrai qu’on en parle si souvent !…..), voici deux énoncés très clairs : lancez-vous donc dans une « comparaison en libéralisme » entre cette loi et celle d’aujourd’hui en matière de « protection des plus faibles » (à l’évidence, y’a pas photo…) ! :
http://www.lesiteimmobilier.com/info-logement/location-loi-1948.aspx?panel=1-12
http://vosdroits.service-public.fr/F1261.xhtml
about 1 year ago
Géraldine, 33 ans, a vu son studio saccagé par ses locataires. L’expulsion, prononcée depuis dix mois, n’est pourtant pas appliquée. Le nombre de ces contentieux explose :
http://www.francesoir.fr/actualite/societe/geraldine-mes-locataires-sont-un-cauchemar-144507.html