De la garde à vue à l’Habeas Corpus
Le Mouvement des Libéraux de Gauche se réjouit de la décision rendue cet été par le Conseil Constitutionnel, qui reconnait enfin l’illégalité des conditions de la garde à vue en France. Celles-ci constituent une évidente atteinte aux droits humains les plus élémentaires, indigne d’une démocratie. Nous espérons que le Parlement et le gouvernement, qui doivent réformer cette procédure dans l’année, sauront restaurer au moins trois dispositions essentielles.
La première est évidemment le droit d’être assisté, tout au long de la garde à vue, d’un avocat ayant accès au dossier qu’établit la police. Si cette mesure suppose un accroissement des dépenses publiques pour la rémunération des avocats commis d’office, elle induit dès lors que l’opportunité de cette garde à vue soit justifiée et, si elle ne l’était pas, que le responsable d’une décision abusive soit, d’une manière à définir, sanctionné.
La deuxième mesure doit remettre en cause l’aberration actuelle qui, tout en accordant à une personne interpellée le droit de rester silencieuse tant qu’elle n’est pas en présence de son avocat, tolère dans le même temps que la police n’énonce pas ce droit à la personne concernée. Il est impératif de réaffirmer l’obligation juridique pour les policiers de faire connaître leurs droits aux personnes interpellées.
La troisième mesure, enfin, est que toute décision touchant à la liberté des personnes – et la garde à vue est une privation de liberté – devrait être prise par un fonctionnaire qualifié. Il n’est plus admissible qu’un gardien de la paix, doté d’un simple baccalauréat, fasse office d’officier de police judiciaire, comme cela est très souvent le cas. Au minimum un diplôme de droit devrait être exigé.
Mais au-delà de cette réforme à minima de la procédure, qui serait déjà un progrès significatif, le MLG invite le législateur à aller plus loin, en saisissant l’opportunité offerte par le Conseil Constitutionnel pour établir enfin une version française de l’Habeas Corpus.
Ce principe, dont l’histoire est très ancienne, énonce une liberté fondamentale, qui devrait avoir une portée universelle : nul ne peut être emprisonné sans jugement. Par conséquent, toute privation de liberté, fût-elle de courte durée comme c’est le cas pour la garde à vue, devrait être décidée non par un policier – fût-il officier de police judiciaire –, mais bien par un juge, en présence de la personne concernée, assistée de son avocat.
Ces dispositions, si elles étaient enfin adoptées, redonneraient à la police et la justice de notre pays quelque crédibilité démocratique et laisseraient espérer que la France accède enfin au statut qui devrait être le sien depuis longtemps : celui d’un authentique État de Droit.
| A lire également sur ce sujet : Gardes à vue : la victoire des avocats, par Maître Eolas
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par LibGauche le 31 août 2010 à 18:50, et placée dans Communiqués. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |


about 1 year ago
Heureusement qu’il y a le « Conseil constitutionnel » : si on avait du attendre Sarkozy pour ordonner l’ébauche de cette réforme !…
« Si cette mesure suppose un accroissement des dépenses publiques pour la rémunération des avocats commis d’office, elle induit dès lors que l’opportunité de cette garde à vue soit justifiée et, si elle ne l’était pas, que le responsable d’une décision abusive soit, d’une manière à définir, sanctionné. »
Voilà qui s’appelle un raisonnement « logique et intelligent » !
Comme cet article tout entier d’ailleurs : rien à redire. Bravo le MLG !
about 1 year ago
L’habeas Corpus, l’une des valeurs défendues par le Rassemblement pour la Démocratie Directe (RDD)
http://rdd-france.blogspot.com/2008/10/devise-du-rdd-habeas-corpus.html
about 7 months ago
Il est évident que vous n’avez pas la technicité pour la rédaction de ce genre d’article, un simple Gardien de la Paix comme vous le dite est bien souvent recruté à un niveau supérieur à celui du Baccalauréat, en effet, cet emploi étant soumis à un concours, seul les plus forts passent, force est de constater que le niveau minimal requis pour passer le concours est à Bac mais que l’ensemble des postulants réussissant cette épreuve sont diplômés de l’enseignement supérieur.
Par la même occasion vous remettez tout bonnement le niveau du Baccalauréat honteusement délivré à tours de bras à des élèves afin de combler les rangs des Facultés.
Ensuite j’aimerais éclairer votre regard sur un simple fait, autrefois, officiaient des Inspecteurs dans la Police Nationale, il y a de ça environ 15 ans, quel était le niveau minimal requis pour se présenter au concours d’Inspecteur ?
Quelles étaient les compétences et les prérogatives de ces derniers fonctionnaires ?
Ensuite, un Gardien de la Paix simplement Bachelier ne peu pas placer en Garde à Vue, je vous invite à la lecture, des articles 20 et 16 du Code de Procédure Pénale.
Vous y apprendrez que le placement en Garde à Vue est de la compétence UNIQUE de l’Officier de Police Judiciaire.
Mais donc qui peu devenir Officier de Police Judiciaire et comment ?
Certes un Gardien de la Paix peut devenir Officier de Police Judiciaire mais la question est de savoir comment.
Ensuite la qualification Officier de Police Judiciaire est reconnue Bac+2 par l’éducation nationale, n’est ce pas suffisant? Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de professionnels qui soient en mesure d’avancer un tel niveau sur la seule et unique matière pénale.
Cher rédacteur, il serait bon que vous signez vos billets cela permettrait de savoir qui se permet de publier autant de dénigrement pour toute une profession qui exerce que dans le strict cadre légal.
A vous lire j’ai l’impression que vous avez mal vécu une expérience avec la Police et votre billet sent la rancœur.
Il n’est nul besoin de remettre en cause la qualification des Gardiens de la Paix de la Police Nationale afin de contester la légitimité de la Garde à Vue.