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	<description>« Je me révolte donc nous sommes » - Albert Camus</description>
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		<title>Compétitivité : la gauche doit oser le réformisme radical !</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Dec 2012 17:31:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Le crédit d’impôt pour les entreprises, adopté à l’Assemblée Nationale par une majorité convertie in fine aux avantages de la TVA, a quelque peu rassuré des acteurs économiques préalablement échaudés. Nous espérons que cette mesure n’est que le prélude à une action réformatrice plus ambitieuse, qui seule permettra de restaurer la compétitivité de notre économie]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le crédit d’impôt pour les entreprises, adopté à l’Assemblée Nationale par une majorité convertie <em>in fine</em> aux avantages de la TVA, a quelque peu rassuré des acteurs économiques préalablement échaudés. Nous espérons que cette mesure n’est que le prélude à une action réformatrice plus ambitieuse, qui seule permettra de restaurer la compétitivité de notre économie et de refonder un système de protection sociale à bout de souffle. </strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-956" title="Le robot industriel d'Aurélien Bory " src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/competitivite-robot.jpg" alt="" width="250" height="350" />Après avoir honoré les plus symboliques et superficielles de ses promesses de campagne, comme autant de marqueurs du retour aux affaires du Parti socialiste (augmentations d’impôts, création d’emplois subventionnés, coup de pouce au smic&#8230;), <span style="color: #000000;">François Hollande</span> a su rassurer les milieux économiques en annonçant, à la suite du rapport Gallois, le transfert de 20 milliards d’euros de prélèvements obligatoires des entreprises vers les ménages.</p>
<p>Si le mécanisme retenu souffre d’une inutile complexité et produira sans doute son lot d’effets indésirables (dont le moindre n’est pas le risque de voir nombre de salaires artificiellement bloqués sous le plafond établi à 2,5 SMIC), cette bouffée d’oxygène a toutefois été plutôt bien accueillie par les entreprises dans un contexte économique dangereusement dégradé.</p>
<p>Pourtant, si cette nouvelle niche fiscale permettra à court terme d’améliorer quelque peu les marges d’entreprises exsangues, l’effet de la mesure sur leur compétitivité à l’exportation sera marginal, compte tenu de la faible part des coûts salariaux dans le prix de vente de la plupart des produits industriels. Dans l’automobile, par exemple, la mesure n’affectera le prix d’une voiture qu&#8217;à hauteur de 2%, soit le niveau d’inflation annuel en France.</p>
<p>S’il nous parait pertinent, pour assurer le financement de notre protection sociale, de recourir à d’autres sources que les revenus du travail, qui perdent progressivement leur place centrale dans le processus de création de richesses, nous restons pourtant convaincus que ce n’est pas un simple transfert de charges qui rétablira durablement la compétitivité de notre économie.</p>
<p>En effet, il est raisonnable de penser que cette hausse de TVA, qui va <em>de facto</em> diminuer le pouvoir d’achat des ménages, induira une tension à la hausse sur les salaires. Le gain pour les entreprises sera donc progressivement absorbé par la hausse des coûts salariaux. N&#8217;oublions pas que, dans une économie de marché, les équilibres finissent toujours par se rétablir.</p>
<p><span id="more-955"></span></p>
<p>Ce scénario est d’ailleurs souhaitable, la baisse du pouvoir d’achat ne pouvant en aucun cas constituer l’objectif d’une politique de gauche. C’est seulement en favorisant les gains de productivité par l’innovation et l’investissement que l’on peut parvenir à améliorer simultanément le pouvoir d’achat et la compétitivité, c’est-à-dire notre capacité à produire des biens et des services à forte valeur ajoutée, dont le rapport qualité/prix leur permet d’être exportés.</p>
<p>Pour atteindre ces objectifs dans la durée, c’est donc sur l’environnement économique global qu&#8217;il convient d’agir en mettant en oeuvre de véritables réformes structurelles d’inspiration libérale, à commencer par celle du marché du travail, aujourd&#8217;hui asphyxié par un écheveau de réglementations et de contraintes bureaucratiques qui ne répondent ni aux besoins des entreprises, ni aux aspirations des salariés – sinon les mieux lotis –, moins encore au désespoir des chômeurs et des « exclus » toujours plus nombreux.</p>
<p>Mais au-delà du code du travail, c’est tout notre système de protection sociale et notre fiscalité qui doivent être repensés pour répondre à la nouvelle donne économique mondiale, qui a rendu caduque notre fameux « modèle social » et les vieilles recettes de nos énarques de politiciens.</p>
<p>La gauche française a fini par faire, avec beaucoup de retard sur ses homologues européennes, son <em>aggiornamento</em> social-démocrate. Mais la social-démocratie est elle-même obsolète, et un semblant de pragmatisme ne suffira pas à sortir le pays de l’apathie qui le ronge. Cette majorité aura-t-elle le courage d’aller plus avant et d’engager, contre tous les conservatismes, les réformes radicales qui seules nous permettront de faire face aux mutations en cours ?</p>
<p><strong>Le Mouvement des Libéraux de Gauche milite pour l’instauration d’un <a title="L’allocation universelle : une voie libérale vers le communisme, par Jacques Marseille" href="http://www.libgauche.fr/allocation-universelle-voie-liberale-communisme-jacques-marseille/" target="_blank">revenu de base</a> qui remplacerait l’ensemble des prestations sociales existantes et des aides à l’emploi versées aux entreprises. </strong><strong>Accompagnée d’une simplification radicale du code du travail et de l’abolition des statuts privilégiés, une telle réforme permettrait d’associer efficacité économique et sociale, souplesse pour les entreprises et sécurité pour les personnes, en désamorçant la logique d’assistanat et en apportant un soutien direct aux entrepreneurs individuels.</strong></p>
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		<title>Télécoms : concurrence ou connivence ?</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/telecoms-concurrence-montebourg-free-bouygues/</link>
		<comments>http://www.libgauche.fr/telecoms-concurrence-montebourg-free-bouygues/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Jul 2012 09:02:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelques mois seulement après avoir loué les vertus de la concurrence dans le secteur de la téléphonie, Arnaud Montebourg, devenu ministre, fustige désormais une logique néfaste et destructrice d’emplois, à la grande satisfaction des tenants de l’oligopole. Déconstruction d’un sophisme ordinaire par David Poryngier et Aymeric Pontier.* C&#8217;était au début de l&#8217;année 2012, et pourtant]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quelques mois seulement après avoir loué les vertus de la concurrence dans le secteur de la téléphonie, Arnaud Montebourg, devenu ministre, fustige désormais une logique néfaste et destructrice d’emplois, à la grande satisfaction des tenants de l’oligopole. Déconstruction d’un sophisme ordinaire par David Poryngier et <strong>Aymeric Pontier</strong>.</strong>*</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-944" title="Télécoms : concurrence ou connivence ?" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/telecoms-free.jpg" alt="" width="250" height="350" />C&#8217;était au début de l&#8217;année 2012, et pourtant ça semble déjà si loin. <span style="color: #000000;">Arnaud Montebourg</span> déclarait alors sur son <a href="https://twitter.com/montebourg/statuses/156696711413235712">compte Twitter</a> : <em>&laquo;&nbsp;<span style="color: #000000;">Xavier Niel</span> vient de faire avec son nouveau forfait illimité plus pour le pouvoir d&#8217;achat des Français que <span style="color: #000000;">Nicolas Sarkozy</span> en 5 ans&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>Bien sûr, il s&#8217;agissait là de faire un bon mot au détriment de l&#8217;ancien Président. Mais lire ainsi le chantre de la <em>&laquo;&nbsp;démondialisation&nbsp;&raquo;</em> pendant les primaires socialistes faire l&#8217;apologie de la concurrence et des bienfaits qu&#8217;elle apporte au pouvoir d&#8217;achat des Français &#8211; surtout les moins aisés -, avait fait chaud aux cœurs des libéraux de gauche. Hélas, ce soudain élan de lucidité aura été bien éphémère !</p>
<p>En effet, dès le 14 juin, dans <a href="http://www.challenges.fr/high-tech/20120614.CHA7583/montebourg-l-arcep-fait-des-choix-politiques-en-lieu-et-place-du-politique.html">un entretien</a> accordé à <em>Challenges</em>, le nouveau Ministre du redressement productif se fendait d’une attaque en règle contre l&#8217;Arcep, l&#8217;autorité de régulation des communications électroniques et des postes, lui reprochant d&#8217;avoir entraîné le marché de la téléphonie mobile vers son <em>&laquo;&nbsp;autodestruction&nbsp;&raquo;</em> en autorisant un quatrième opérateur et d&#8217;avoir bien trop <em>&laquo;&nbsp;favorisé&nbsp;&raquo;</em> par là le consommateur au détriment de l&#8217;emploi&#8230;</p>
<p>Un tel retournement a de quoi laisser perplexe ! D’autant qu&#8217;Arnaud Montebourg reprenait presque mot pour mot les arguments avancés précédemment par les opérateurs Orange, Bouygues Telecom et SFR, férocement opposés à l&#8217;immixtion de Free Mobile dans leur confortable oligopole. Leur lobbying acharné pour empêcher l’arrivée de ce nouvel acteur sur le marché restera dans les annales. Rappelons que l&#8217;Autorité de la concurrence avait condamné les <a href="http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/standard.php?id_rub=149&amp;id_article=501">trois opérateurs</a> pour entente illégale en 2005.</p>
<p>Ajoutant à la confusion, un autre épisode troublant, mais très révélateur des manœuvres en cours dans les coulisses du pouvoir, intervenait au mois de juin. Lors d&#8217;un journal télévisé sur TF1, le nouveau ministre fut l&#8217;objet d&#8217;un <a href="http://videos.tf1.fr/jt-20h/arnaud-montebourg-sauveur-de-l-industrie-francaise-7359295.html">reportage</a> pour le moins flatteur, sinon dithyrambique. Présenté comme un <em>&laquo;&nbsp;général&nbsp;&raquo;</em> sur le front de la guerre économique, on l’y voit affairé avec son équipe à <em>&laquo;&nbsp;sauver&nbsp;&raquo; </em>l&#8217;industrie française de l&#8217;infâme mondialisation. Une soudaine bienveillance qui pourrait nous étonner, de la part d&#8217;une chaîne dont Arnaud Montebourg dénonçait il y a quelques temps la <em>&laquo;&nbsp;tradition délinquante&nbsp;&raquo;</em> et les <em>&laquo;&nbsp;rapports de proximité politique&nbsp;&raquo; </em>avec la droite.</p>
<p><span id="more-939"></span></p>
<p>Le journaliste <span style="color: #000000;">Emmanuel Berreta</span>, spécialiste des médias au <em>Point</em>, apporta un <a href="http://www.lepoint.fr/chroniques/tf1-et-montebourg-reconcilies-05-07-2012-1481162_2.php">éclairage bienvenu</a> à cette entente cordiale et inattendue. <span style="color: #000000;">Martin Bouygues</span>, propriétaire de TF1, et Arnaud Montebourg se seraient en effet rapprochés du fait de leur hostilité commune à la politique pro-concurrence menée par l&#8217;Arcep, ayant conduit à l&#8217;arrivée de Free Mobile sur le marché. Deux jours avant la diffusion du reportage, l’héritier et le ministre s&#8217;étaient rencontrés en tête à tête pour en discuter. L&#8217;ennemi de mon ennemi est mon ami, dit le dicton.</p>
<p>Tenant là une excellente opportunité de promouvoir les intérêts de son entreprise, Martin Bouygues relança aussitôt <a href="http://www.lefigaro.fr/societes/2012/07/10/20005-20120710ARTFIG00517-martin-bouygues-monte-au-creneau-face-a-free.php">l’offensive</a> contre Free Mobile, adressant le 10 juillet un courrier aux parlementaires, dans lequel il reprend les propos d&#8217;Arnaud Montebourg sur la <em>&laquo;&nbsp;spirale auto-destructrice&nbsp;&raquo;</em> que connaîtrait le secteur des télécoms depuis l&#8217;arrivée du gêneur. Il y blâme la concurrence pour les suppressions d&#8217;emplois à venir chez Bouygues Telecom et suggère deux mesures pour y remédier. D&#8217;une part, que le contrat d&#8217;itinérance permettant à Free d&#8217;utiliser le réseau 3G d&#8217;Orange ne soit pas renouvelé. D&#8217;autre part, que ce contrat ne soit pas élargi au futur réseau 4G. Dans les deux cas, il s&#8217;agit clairement de limiter au maximum les marges de manœuvre de Free Mobile, en faisant grimper fortement ses coûts de fonctionnement dans les prochaines années. Si Bouygues venait à obtenir satisfaction, l’entreprise de Xavier Niel serait forcée d&#8217;augmenter significativement ses tarifs, voire même acculée à la faillite. Dans tous les cas, ça signerait le retour à la toute puissance de l’oligopole et la fin de la concurrence dans le secteur.</p>
<p>Face à ce front hétéroclite, Xavier Niel tente de défendre son entreprise tant bien que mal. Le 22 juin dernier, il publie <a href="http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0202129776771-free-mobile-mythes-et-realites-336510.php">une tribune</a> dans les Échos afin de dénoncer les mythes savamment entretenus par ses détracteurs et de rétablir quelques vérités. Il explique comment la baisse de l&#8217;emploi dans le secteur des télécoms avait commencé bien avant l&#8217;arrivée de Free Mobile, du temps de l&#8217;oligopole triomphant, comment ses concurrents faisaient 80% de marge sur le <em>&laquo;&nbsp;forfait social&nbsp;&raquo;</em> à destination des plus ménages les plus modestes, etc. Il pointe aussi du doigt les dividendes colossaux versés par les trois opérateurs historiques, supposés être en difficulté.</p>
<p>Mais surtout, il pourfend dans cette tribune un vieux sophisme économique, dénoncé en son temps par le député et économiste libéral <a href="http://bastiat.org/fr/cqovecqonvp.html">Frédéric Bastiat</a>, celui dit de la <em>Vitre Cassée</em>.</p>
<p>Citons Xavier Niel : <em>&laquo;&nbsp;</em><em>La vision macroéconomique de certains qui, avec quelques règles de trois appliquées à la baisse du chiffre d&#8217;affaires supposée du secteur des Télécoms, conclut au désastre fait l&#8217;impasse sur la réallocation des milliards économisés par les ménages. Ces milliards vont être dépensés sans délai dans d&#8217;autres secteurs de l&#8217;économie, soutenant emploi et investissement.</em><em>&laquo;&nbsp;</em></p>
<p>Le patron de Free Mobile a parfaitement raison : quand les ménages font des économies dans un secteur grâce à une saine concurrence, ils s&#8217;empressent de dépenser le surplus de pouvoir d&#8217;achat dans un autre, surtout les classes moyennes et populaires. Restreindre par la loi la concurrence sous des prétextes fallacieux de protection de l&#8217;emploi ne provoque à terme qu&#8217;une destruction de richesse pour la nation entière, et donc de pouvoir d&#8217;achat pour les ménages placés sous la dépendance économique de quelques acteurs qui vivent tranquillement de leur rente de situation.</p>
<p>Certes, il est facile de se laisser abuser par ces arguments simplistes, surtout que les oligarques modernes n’hésitent pas à jouer de la corde humaniste, la larme à l’œil, se servant de la détresse des chômeurs pour justifier leur rente, comme on le voit avec Martin Bouygues. Ils contribuent ainsi à brouiller les pistes et embrouiller les esprits. C&#8217;est pourquoi il est primordial de déconstruire inlassablement ces discours, encore et encore. Nous encourageons vivement le gouvernement, les parlementaires, les journalistes et les Français à ne pas tomber dans le piège.</p>
<p>* David Poryngier et Aymeric Pontier sont respectivement Président et Conseiller National du MLG. Cette tribune a été initialement publiée sur <a href="http://www.slate.fr/tribune/59731/montebourg-orange-bouygues-sfr" target="_blank">Slate.fr</a>.</p>
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		<title>Fédéralisme ou désunion : l&#8217;Europe au pied du mur</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/europe-federalisme-ou-desunion/</link>
		<comments>http://www.libgauche.fr/europe-federalisme-ou-desunion/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Jul 2012 21:29:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le sommet européen de juin, qui a renforcé l&#8217;union monétaire et économique entre les états membres de la zone euro, la perspective d&#8217;un « saut fédéral » de l&#8217;Union est de moins en moins tabou. D&#8217;évidence, l&#8217;Europe doit aujourd&#8217;hui se muer en une véritable fédération, sauf à se disloquer sous la pression d&#8217;intérêts nationaux]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après le sommet européen de juin, qui a renforcé l&#8217;union monétaire et économique entre les états membres de la zone euro, la perspective d&#8217;un « saut fédéral » de l&#8217;Union est de moins en moins tabou. D&#8217;évidence, l&#8217;Europe doit aujourd&#8217;hui se muer en une véritable fédération, sauf à se disloquer sous la pression d&#8217;intérêts nationaux divergents. Mais cette refondation ne pourra pas se faire sans la participation des peuples. Tribune libre par Michel Faure*</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-915" title="« U.E. » par Pascal Buffard (2011)" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/europe-UE-pascal-buffard-2011.jpg" alt="" width="250" height="350" />La crise que nous traversons exige des réponses politiques et non des placebos économiques, parce qu’elle est le fruit de l’incohérence institutionnelle de l’Europe.</p>
<p>Celle-ci, depuis ses origines, aux lendemains de l’après-guerre, n’a pas su choisir clairement dans la seule alternative que lui présentait l’avenir : un vaste et libre marché, ou bien une fédération, fût-elle largement décentralisée. Toujours, elle a balancé entre ces deux options, ouvrant un « marché commun » après avoir refusé une communauté de défense (la CED), puis créant une « Union », et enfin une monnaie commune, sans pour autant en accepter les exigences fédératives.</p>
<p>Aurait-elle choisi le vaste libre marché, qui convient tout à fait, par exemple, au Royaume-Uni, que l’Europe n’aurait tout de même pas fait l’économie de la question du fédéralisme. Elle vivrait aujourd’hui sans doute d’autres crises, monétaires elles aussi, de dévaluations compétitives pour tenter de gagner quelques avantages dans cette zone de libre-échange. L’Europe ne serait toujours pas un lieu sans conflit et, pour les désamorcer, sans doute nous serions-nous dirigés vers de nouvelles règles qui, petit à petit, auraient grignoté nos souverainetés nationales. Même dans un tel scénario, donc, nous nous serions aussi, finalement, reposé la question du fédéralisme.</p>
<p>L’Europe aurait pu, dans l’immédiat après guerre, devenir un ensemble fédéral, des Etats-Unis d’Europe, avec une constitution calquée sur celle des Etats-Unis qui est un modèle de simplicité. Un président élu, chef de l’exécutif, une chambre représentant les peuples et un sénat représentant les Etats, de manière égalitaire sans considération de leur population (chaque Etat élit deux sénateurs, la Californie, qui compte plus de 37 millions d’habitants, tout comme le Wyoming, qui en compte moins de 600.000). Les Etats membres ont leur propre constitution, leur propre gouvernement national et leurs pouvoirs législatif et judiciaire. Tous reconnaissent cependant leur appartenance à une seule nation, les Etats-Unis d’Amérique, tout en cultivant leurs particularismes.</p>
<p>Hélas, cet « après-guerre » qui fut le temps des grandes décisions européennes ne joua pas en faveur de la fédération qu’appelaient pourtant de leurs vœux la plupart des « pères » de l’Europe, d’<span style="color: #000000;">Altiero Spinelli</span> à <span style="color: #000000;">Jean Monnet</span> en passant même par <span style="color: #000000;">Winston Churchill</span>. Tous évoquèrent « les Etats-Unis d’Europe », mais c’était une idée trop « atlantiste » et américanophile pour une droite conservatrice et patriote comme celle du gaullisme, par exemple, et une gauche encore fortement influencée par le marxisme. Avec la Guerre froide qui déjà menaçait, la gauche européenne avança son propre projet d’un « Mouvement pour les Etats-Unis socialistes d’Europe » dont nous eûmes assez vite une idée, hélas, avec les émeutes ouvrières de Berlin puis l’édification de son mur, et avec Budapest et Prague. Ce conflit entre deux Europe, l’occidentale et l’orientale, que séparait un symbolique « rideau de fer » et l’exaltation générale du patriotisme, ravivé par les conflits anciens, les amertumes des guerres coloniales et les tensions est-ouest, eurent raison de ce rêve fédéral.</p>
<p><span id="more-913"></span>L’Europe, par ailleurs, n’était pas encore cette « grande Europe » que nous connaissons aujourd’hui, et la démocratie n’y était pas encore la règle, à l’Est, bien sûr, mais à l’Ouest aussi, avec l’Espagne de <span style="color: #000000;">Franco</span>, le Portugal de <span style="color: #000000;">Salazar</span> et la Grèce des colonels. Faute de se fédérer, l’Europe « de l’Ouest », comme on le disait alors, commença donc à avancer à petits pas dans des directions aléatoires, à travers les aléas d’une prudente coopération interétatique. Ce fut d’abord le charbon et l’acier, puis, sous l’égide du Français <span style="color: #000000;">Robert Schuman</span>, de l’Allemand <span style="color: #000000;">Konrad Adenauer</span>, de l’Italien <span style="color: #000000;">Alcide De Gasperi</span>, et du Belge <span style="color: #000000;">Paul-Henri Spaak</span>, le lent cheminement, qui prendra près d’un demi-siècle, allant de l’Europe des Six du Traité de Rome, ratifié en 1958, à l’Union des 27 du Traité de Lisbonne, de 2007. Sa gouvernance est un duopole entre le conseil des Etats et la bureaucratie non élue de la Commission, avec comme contre-pouvoir un Parlement qui nous semble, toujours, encore un peu trop lointain. Entre temps, on ignora deux référendums négatifs, et le rêve européen a tourné à l’usine à gaz, avec pour nouvelle charte fondamentale (qui ne dit pas son nom), un texte abscond de 145 pages, additionné de 36 protocoles et 26 déclarations et annexes &#8211; le Traité de Lisbonne &#8211; alors que les peuples attendaient sans doute qu’on leur propose de voter eux-mêmes pour ou contre une Constitution simple et efficace qu’ils auraient pu lire d’une seule traite et comprendre sans effort.</p>
<p>Le résultat est une Europe hétéroclite, une association à géométrie variable de 27 Etats, dont 17 partagent une même monnaie. Sa complexité est grandissante et son horizon de plus en plus incertain.</p>
<p>Ce qui est certain, c’est que l’Europe ne peut pas continuer ainsi. Sa complexité, sa bureaucratisation, le fait que sa construction ait parfois ignoré la volonté des peuples exprimée par référendums, ont sapé sa légitimité. Avec la crise, l’Europe qui devait nous apporter grandeur, prospérité éternelle et ouverture au monde, apparaît désormais comme la source de tous nos soucis. Le rêve est oublié, les nationalismes se réveillent, les intérêts nationaux l’emportent sur la solidarité. Les peuples ne sont plus émus par le projet européen. Tout au plus se demandent-ils comment en sortir.</p>
<p>L’Europe, aujourd’hui, est au pied du mur. Et ce mur, on l’a bien vu lors du sommet des 29 et 30 juin, c’est celui de l’Europe fédérale. Pour sauver l’euro, il faut une politique budgétaire commune et des règles bancaires communes. Et pour que ces règles communes soient légitimes, il est essentiel qu’elles soient le fruit d’une décision politique commune. Sans fédération, ce n’est pas la peine d’y penser. Donc, ne perdons plus de temps et décidons. Ou l’Union se désunit, ou l’Europe se fédéralise.</p>
<p>Les Etats-Unis d’Europe, si jamais nous y arrivions un jour, poseraient trois problèmes. Un problème aux classes politiques nationales, pour remettre en cause leur pouvoir et leur fonction. Un problème aux peuples qui devront, en dernier ressort, décider de leur destin, enfin un problème à l’Europe telle que nous la connaissons. <span style="color: #000000;">David Cameron</span> n’est pas Churchill, et il est quasiment certain que le Royaume-Uni refuserait d’entrer dans une fédération. Il est possible aussi qu’une nation institutionnellement fragile comme l’Espagne, par exemple, risquerait de se fractionner régionalement face à l’aspiration fédérale. Elle pose enfin un problème aux dix pays qui n’ont pas l’euro comme monnaie commune, et n’ont donc pas les mêmes priorités fédéralistes que les 17 pays de la zone euro.</p>
<p>Mais rien n’empêche cependant une fédération des Etats-Unis d’Europe de vivre au sein d’une plus vaste zone européenne de libre-échange. On peut même faire le pari &#8211; optimiste, certes, mais l’optimisme est un sentiment inhérent au désir politique &#8211; que la cohérence de la fédération, sa puissance politique et militaire et le champ élargi de son économie donneront à ses membres un élan propre à attirer vers eux leurs partenaires restés à l’écart.</p>
<p>Si les politiques, à l’exception des plus brillants, ont beaucoup à perdre avec une Europe fédérale, les peuples, eux, ont tout à gagner : une citoyenneté partagée avec un ensemble cohérent, élargi et démocratique, régi par des règles constitutionnelles communes. Une économie et un marché plus vaste, une monnaie unique, toujours, et ses avantages. Il est probable, par ailleurs, que la puissance d’une grande fédération, avec ses forces armées et sa diplomatie mises en commun, incite les élus locaux à être plus en phase avec les préoccupations quotidiennes de leurs administrés. Nous aurions alors, je crois, le meilleur de deux mondes : la puissance et la prospérité d’un ensemble mondialisé, et le plaisir de garder un lien sentimental avec son coin personnel de la vaste Europe où cultiver sa différence.</p>
<p>Le vrai problème, c’est que la question de la fédération n’a jamais encore été posée aux peuples européens. On ne leur a jamais proposé une constitution fédérale, on ne leur a jamais demandé comment ils la verraient, comment ils souhaiteraient articuler cette organisation fédérale et les institutions décentralisées qui les concerneraient personnellement.</p>
<p>Dans trois ans, nous fêterons les 70 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Europe unie est l’enfant de cette guerre, les nationalismes européens aussi. Nos enfants, par contre, sont nés avec cette nouvelle Europe qui a pris forme après la chute du communisme et l’exaltation de la liberté. Il faudrait qu’elle leur ressemble, qu’elle soit simple et ouverte, universelle et pacifique, entreprenante et polyglotte, offrant des opportunités plus larges que la province et la nation. Les Etats-Unis d’Europe serait alors une nouvelle étape d’une histoire très humaine qui va du village et son clocher vers le « pays » et son patois, puis la province et ses promesses, la nation et ses idéaux, et maintenant l’Europe et son avenir. Les espaces, comme les esprits, finissent toujours par s’élargir.</p>
<p>*Michel Faure est écrivain, ancien journaliste à <em>Libération</em> et <em>L&#8217;Express</em> et Vice-président du MLG. Cette tribune a été initialement publiée sur <a title="Michel Faure sur Atlantico" href="http://www.atlantico.fr/users/michel-faure" target="_blank">atlantico.fr</a>.</p>
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		<title>Soutien aux Pirates pour les élections législatives</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jun 2012 16:58:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Les propositions du jeune Parti Pirate, fondées sur la défense des droits fondamentaux et une nouvelle radicalité démocratique, nous apparaissent comme un oasis dans un paysage politique dominé par un discours interventionniste et dangereusement liberticide. Le Mouvement des Libéraux de Gauche appelle en conséquence à voter pour ses candidats aux législatives. Fondé en 2006 en]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les propositions du jeune Parti Pirate, fondées sur la défense des droits fondamentaux et une nouvelle radicalité démocratique, nous apparaissent comme un oasis dans un paysage politique dominé par un discours interventionniste et dangereusement liberticide. Le Mouvement des Libéraux de Gauche appelle en conséquence à voter pour ses candidats aux législatives.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-890" title="France, terre de Liberté. Un pays à retrouver !" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/pirates-france-terre-de-liberte.jpg" alt="" width="250" height="350" />Fondé en 2006 en Suède pour contrer les atteintes aux libertés sur Internet et défendre le libre accès aux savoirs et à la culture, le Parti Pirate faisait élire trois ans plus tard ses premiers députés au Parlement Européen. Aujourd’hui constitué dans de nombreux pays, il rencontre un succès notable en Allemagne, où il siège désormais dans plusieurs parlements régionaux et apparait dans les sondages comme la troisième force politique du pays.</p>
<p>En France, le Parti Pirate participera pour la première fois à une élection nationale à l’occasion de ces législatives, auxquelles il présente une centaine de candidats. Si la moitié d’entre eux réussit à atteindre le seuil de 1% des voix au premier tour de scrutin, cela ouvrira la porte à un financement public du mouvement, qui facilitera son développement et sa pérennisation dans notre pays.</p>
<p>Au-delà des thèmes portés par les Pirates dans cette campagne – <em>transparence de la vie politique, ouverture des données publiques, lutte contre le fichage abusif, indépendance de la justice, légalisation du partage</em> – qui sont autant de combats communs, c’est plus largement dans leur radicalité démocratique, leur souci constant des droits fondamentaux et des libertés individuelles que nous retrouvons l’essentiel de nos valeurs et reconnaissons des camarades en Liberté.</p>
<p>Une inspiration libérale que nous identifions aussi dans leur approche, encore imprécise, des questions économiques et sociales. Promoteurs par essence de la libre entreprise et des échanges, les Pirates ont fait de la lutte contre les monopoles – au moins privés – une de leurs priorités, tout en mettant en avant le potentiel économique des nouvelles technologies et ses conséquences sur l’évolution des échanges et des modalités du travail, dans un monde en profonde mutation.</p>
<p>Aussi, on ne s’étonnera pas de retrouver, parmi leurs propositions « <em>compatibles</em> », défendue par nombre des candidats en lice, la mise en place d’une Allocation universelle, idée chère à notre cœur, hélas encore méconnue des Français. Présentée comme un « <em>revenu de vie universel et inconditionnel</em> » qui viendrait en « <em>remplacement des multiples aides et allocations</em> » existantes, la proposition Pirate semble parfaitement en phase avec la vision que nous portons nous-même de cette réforme.</p>
<p>Une raison de plus, s’il en était besoin, pour appeler nos adhérents et sympathisants à soutenir et voter pour les candidats du Parti Pirate au premier tour des élections législatives, afin de pérenniser la construction de ce jeune mouvement et l’encourager à persévérer dans ce beau combat qui nous unit, pour les libertés et pour la nécessaire modernisation de notre pays.</p>
<p><strong>Pour voter Pirate, imprimez votre bulletin en ligne : </strong><a href="http://legislatives.partipirate.org/2012/" target="_blank">http://legislatives.partipirate.org/2012/</a></p>
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		<title>Et si François Hollande relisait le rapport Attali ?</title>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 17:44:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[Dès 2008, le rapport de la Commission pour la libération de la croissance, présidée par Jacques Attali, répondait aux trois objectifs que s&#8217;est fixé le nouveau Président de la République : la croissance, la justice et l&#8217;avenir de la jeunesse. Il n&#8217;est peut-être pas trop tard pour mettre en œuvre les solutions qui y étaient]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dès 2008, le rapport de la <em>Commission pour la libération de la croissance</em>, présidée par Jacques Attali, répondait aux trois objectifs que s&#8217;est fixé le nouveau Président de la République : la croissance, la justice et l&#8217;avenir de la jeunesse. Il n&#8217;est peut-être pas trop tard pour mettre en œuvre les solutions qui y étaient proposées. Tribune libre par Michel Faure*.</strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><img class="alignleft size-full wp-image-856" title="Jacques Attali" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/jacques-attali.jpg" alt="" width="250" height="350" />François Hollande</span> veut de la croissance, de la justice et de l’avenir pour la jeunesse. Fort bien. Ce sont trois beaux objectifs, mais comment les atteindre ? Relire et adopter les propositions du rapport de la <em>Commission pour la libération de la croissance</em>, qu’avait présidée <span style="color: #000000;">Jacques Attali</span> en janvier 2008, et son complément pour sortir de la crise, présenté en octobre 2010, est une solution.</p>
<p>Ces deux rapports répondent aux questions que posent les trois objectifs de Hollande.</p>
<p>La croissance ? Oui, mais comment renouer avec elle sans aggraver les dépenses publiques, sans alourdir les impôts et sans trop compter non plus sur nos partenaires européens qui ont suffisamment de problèmes chez eux pour s’occuper des nôtres ?</p>
<p>La justice ? Bien sûr, mais comment la restaurer dans un système structurellement conservateur, marqué par des décennies de clientélisme, de connivences et de préservation de privilèges ? Comment démanteler des &laquo;&nbsp;droits acquis&nbsp;&raquo; jugés sacro-saints, les rentes de situation, les <em>numerus clausus</em>, les exceptions au droit ? Comment cesser de protéger de la concurrence des secteurs subventionnés, comment ne plus tolérer des inégalités criantes entre les sexes, entre les statuts, entre les régimes de retraite, entre les villes et les banlieues ?</p>
<p>La jeunesse ? Évidemment. Mais comment garder chez nous tous ces jeunes diplômés qui trouvent de vrais emplois ailleurs, à Londres ou à Singapour, pour échapper aux stages sous payés ou aux CDD précaires en France ? Comment faire pour maintenir dans le système scolaire la proportion considérable de jeunes qui le quittent chaque année sans qualification ? Comment hisser nos universités au niveau des meilleures grandes écoles mondiales ? Comment, finalement, donner des emplois productifs aux jeunes Français qui n’ont aujourd’hui pour seul horizon que le chômage ou la précarité ?</p>
<p>A toutes ces questions, la commission Attali apportait déjà des réponses au début du quinquennat de <span style="color: #000000;">Nicolas Sarkozy</span>, et relire le rapport de janvier 2008 aujourd’hui provoque deux sentiments contradictoires : la désolation devant tant de temps perdu, et l’espoir qu’il n’est pas trop tard encore pour mettre en œuvre les solutions d’évidence qui étaient proposées.</p>
<p><span id="more-852"></span></p>
<p>Bien évidemment, en dénonçant les privilèges, les blocages, en demandant la suppression des départements et la réduction du nombre de communes, en prônant le risque individuel et moins d’intervention de l’Etat, la gauche avait jugé Attali perdu pour sa cause. Un gros mot – <em>libéral !</em> – fut même prononcé. La droite n’en pensa pas moins. On fit quelques blagues sur les coiffeurs ou les taxis, on rassura les syndicats, les corporations et autres <em>corps intermédiaires</em> et ce remarquable rapport fut vite escamoté, et avec lui nos illusions de réformes radicales afin d’armer la France face au monde nouveau. Seulement un tiers des propositions du rapport de 2008 ont été adoptées, écrivait, en 2010, Jacques Attali. Un autre tiers n’a été &laquo;&nbsp;<em>qu’incomplètement appliqué, et un dernier tiers ne l’a pas été du tout.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il convient peut-être de rappeler à François Hollande, dans l’hypothèse improbable où il les aurait oubliées, les &laquo;&nbsp;<em>huit ambitions</em>&nbsp;&raquo; qui étaient celles des auteurs du rapport Attali en 2008, et les deux &laquo;&nbsp;<em>urgences</em>&nbsp;&raquo; du second rapport de 2010. Intégrer ces propositions à son action l’aiderait à être un bon président, et c’est tout ce que nous lui souhaitons afin qu’il nous sorte du trou dans lequel les décennies d’étatisme hypertrophié nous ont enfoncés. Ces ambitions et ces urgences, les voici. Je les cite &laquo;&nbsp;<em>verbatim</em>&laquo;&nbsp;, bien sûr :</p>
<p>Les ambitions de 2008 :</p>
<ol>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Participer pleinement à la croissance mondiale et devenir champion de la nouvelle croissance</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en particulier des PME</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Construire une société de plein emploi</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Supprimer les rentes, réduire les privilèges et favoriser les mobilités</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Créer de nouvelles sécurités à la hauteur des instabilités croissantes</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures</em>&laquo;&nbsp;</li>
</ol>
<p>Les urgences de 2010 :</p>
<ol>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Regagner la maîtrise de nos finances publiques, socle de la croissance et de la solidarité</em>&laquo;&nbsp;</li>
<li>&laquo;&nbsp;<em>Créer des emplois et redonner un avenir aux jeunes</em>&laquo;&nbsp;</li>
</ol>
<p>Que demander de plus, quand on a au cœur la croissance, la justice et la jeunesse ? Ces huit ambitions, que 316 mesures peuvent mettre en musique, et ces deux urgences, sont en parfaite harmonie avec les trois priorités de François Hollande. Leur réalisation semble aujourd’hui tristement utopique – &laquo;&nbsp;<em>champion d’une nouvelle croissance</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>société de plein emploi</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>créer des emplois et redonner un avenir aux jeunes</em>&nbsp;&raquo; – mais leur mise en œuvre n’est ni coûteuse ni très compliquée. Réduire la taille et le nombre des administrations, baisser les cotisations sociales qui pèsent sur l’emploi en contrepartie d’une hausse de la CSG et de la TVA, instaurer des fonds de pensions, supprimer l’inscription dans la constitution du principe de précaution qui entrave la recherche et l’innovation, déréglementer des secteurs fermés, comme par exemple les pharmacies, lever tous les obstacles au cumul emploi-retraite, tout cela ne coûterait rien, sinon un peu de courage. Et elles rapporteraient sans doute, à terme, des revenus à l’Etat avec la croissance retrouvée.</p>
<p>Nicolas Sarkozy a été coupable de ne pas donner un soutien plus déterminé à ce travail cohérent, approfondi et fondamentalement mesuré. Il nous a prouvé, par son dédain à l’égard de ces propositions, que sa prétendue &laquo;&nbsp;rupture&nbsp;&raquo;, sa volonté d’agir, tout cela n’était que du vent. François Hollande nous promet le changement, et une majorité de Français l’a pris au mot et l’a élu. A lui d’agir. Il lui sera facile de reprendre à son compte les &laquo;&nbsp;<em>deux urgences</em>&nbsp;&raquo; qu’il a fait siennes – maîtrise des finances publiques et éducation et emploi des jeunes. Si, de surcroît, il adoptait les huit ambitions de 2008 de son vieux camarade Attali, qu’il connaît depuis les années <span style="color: #000000;">Mitterrand</span>, s’il appliquait les mesures, une fois adaptées à la situation qui est la nôtre aujourd’hui, permettant de les atteindre, oui, cela nous changerait, vraiment, et ça changerait aussi la gauche, qui entrerait enfin, après des années d’ankylose, dans l’avenir et la modernité.</p>
<p>*Michel Faure est écrivain, ancien journaliste à <em>Libération</em> et <em>L&#8217;Express</em> et Vice-président du MLG. Cette tribune a été initialement publiée sur <a title="Michel Faure sur Atlantico" href="http://www.atlantico.fr/users/michel-faure" target="_blank">atlantico.fr</a>.</p>
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		<title>Présidentielle : l’impasse antilibérale</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 21:40:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Au terme d’une campagne électorale qui fut, pour tous les amoureux de la liberté, une épreuve de chaque instant, le second tour, opposant deux candidats rivalisant dans l’antilibéralisme et les promesses chimériques, apparaît comme un cul-de-sac. Pour les libéraux de toutes sensibilités, la campagne électorale qui s’achève fut un véritable chemin de croix, qui se]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au terme d’une campagne électorale qui fut, pour tous les amoureux de la liberté, une épreuve de chaque instant, le second tour, opposant deux candidats rivalisant dans l’antilibéralisme et les promesses chimériques, apparaît comme un cul-de-sac.</strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" title="Sarkozy ou Hollande, qui est le plus antilibéral ?" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/sarkollande.jpg" alt="" width="250" height="350" /></strong>Pour les libéraux de toutes sensibilités, la campagne électorale qui s’achève fut un véritable chemin de croix, qui se mue en impasse face à l’alternative du second tour, qui opposera deux candidats aux discours anachroniques, rivalisant dans l’antilibéralisme.</p>
<p>Tous deux promettent symétriquement le renforcement des prérogatives d’un Etat pourtant omniprésent dans la vie des Français, rognant chaque jour un peu plus sur les libertés et dont la déraison a trouvé ses limites dans la crise des dettes souveraines.</p>
<p>De la droite au pouvoir nous n’attendions rien.</p>
<p>Ceux qui, parmi les libéraux, avaient misé sur les promesses de rupture du candidat Sarkozy en 2007, espérant une réforme en profondeur de notre « modèle social » en déroute et un semblant de responsabilité budgétaire, en sont aujourd’hui pour leurs frais.</p>
<p>Si quelques initiatives heureuses avaient marqué le début du quinquennat &#8211; RSA, autonomie partielle des universités, statut d’auto-entrepreneur ou rupture conventionnelle du contrat de travail – les ambitions réformatrices affichées ont bientôt fait place, à la faveur de la crise, à la démagogie des peurs : surenchère sécuritaire, désignation de boucs émissaires, xénophobie décomplexée, défiance antieuropéenne, mépris des contre-pouvoirs, poujadisme ordinaire.</p>
<p>Qui s’étonnera que se profile désormais une alliance réactionnaire à la droite de l’échiquier politique, plébiscitée dans les sondages par une large majorité d’électeurs UMP, qui ont acté la validation des thèses historiques du Front National par le Président sortant ?</p>
<p>Il va de soi que nous ne pouvons nous retrouver dans le projet de ce candidat et de cette droite. Mais combien d’entre nous apporteront pour autant leur suffrage au représentant de la gauche ?</p>
<p>Une gauche qui n’a pas été capable, après dix années dans l’opposition, de formuler un véritable projet réformiste pour le pays, se contentant de troquer ses vieilles lubies marxistes pour un discours de totale vacuité, ponctué de « changement » et de « rassemblement », avec pour seule ambition l’alternance et pour tout horizon l’inertie.</p>
<p>Une gauche qui continue d’ignorer les mécanismes de l’économie ouverte et la réalité de la globalisation du monde, qui feint de croire encore qu’on peut bloquer les prix des loyers ou celui des carburants, dont le candidat peut accuser sans rire la droite d’avoir « <em>participé à la mondialisation libérale, à l&#8217;Europe de la concurrence, à l&#8217;ouverture des marchés</em> ».</p>
<p><span id="more-828"></span></p>
<p>Une gauche enfin qui méprise les libertés, à commencer par la première d’entre elles, celle qu’a chacun d’user de son propre corps comme il l’entend. Aussi, elle promet de poursuivre la répression des usagers de drogues et envisage désormais la pénalisation de la prostitution.</p>
<p>Pourtant, de la gauche nous espérons.</p>
<p>Qu’elle se réconcilie avec la pensée libérale, injustement décriée dans ses rangs et assimilée à un conservatisme, alors qu’elle fut pourtant celle de la gauche des origines, celle de la Révolution et de la devise républicaine qui est aussi la sienne : Liberté, Egalité, Fraternité.</p>
<p>Qu’elle fasse de l’émancipation des individus sa nouvelle frontière, comprenne enfin la force sociale extraordinaire de l’initiative, du goût du risque et de l’engagement individuel, ainsi que le poids que constitue l’emprise excessive de l’Etat sur nos vies et nos activités.</p>
<p>Qu’elle engage, à l’instar de ses camarades sociaux-démocrates européens, suédois par exemple, les réformes de structure, alliant justice et efficacité économique, qui pourront seules permettre la modernisation de notre système social, devenu aussi injuste qu’inadapté.</p>
<p>Qu’elle se mobilise pour défendre l’égalité des chances, celle de tous les citoyens devant la loi, l’accès libre pour chacun aux marchés et aux métiers, la liberté de contracter, la fin des privilèges et des corporatismes qu’elle sert hélas trop souvent plutôt que de les combattre.</p>
<p>Enfin, si la victoire lui est accordée par les Français, confrontée à l’exercice du pouvoir et aux tumultes de la crise européenne, qu’elle sache puiser dans la mine des idées libérales les instruments nouveaux du progrès et de la justice qui seuls lui permettront de sortir la France de l’impasse et de ne pas décevoir encore.</p>
<p>Puisse la gauche répondre à ces espérances et elle pourra compter sur notre soutien.</p>
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		<title>Proportionnelle : une urgence démocratique</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/proportionnelle-urgence-democratique/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2012 15:02:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que les principaux candidats à la Présidence proposent d’introduire une « dose », plus ou moins « marginale », de scrutin proportionnel aux élections législatives, le Mouvement des Libéraux de Gauche se prononce pour l’élection des députés à la proportionnelle intégrale, une réforme indispensable pour ressusciter notre démocratie parlementaire moribonde. 10% ? 15% ? 25% ? Le chiffre]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que les principaux candidats à la Présidence proposent d’introduire une «<em> dose</em> », plus ou moins « <em>marginale</em> », de scrutin proportionnel aux élections législatives, le Mouvement des Libéraux de Gauche se prononce pour l’élection des députés à la proportionnelle intégrale, une réforme indispensable pour ressusciter notre démocratie parlementaire moribonde.</strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" title="Pour la proportionelle intégrale à l'Assemblée Nationale | Photo : Geoffrey Gekiere" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/assemblee.jpg" alt="" width="250" height="350" /></strong></p>
<p><strong></strong>10% ? 15% ? 25% ? Le chiffre fait débat parmi les trois candidats en situation – à ce jour – d’être élus en mai prochain à l’Élysée, concernant la part de députés qu’ils souhaitent voir élus à la proportionnelle.</p>
<p>Passons sur le caractère chimérique des promesses faites en la matière par les candidats issus des deux partis oligarchiques qui, outrageusement favorisés par la bipolarisation du paysage politique, ont tout intérêt à maintenir le scrutin majoritaire en l’état.</p>
<p>Plus regrettable nous apparaît le revirement de <span style="color: #000000;">François Bayrou</span>, dont la reconstruction de notre démocratie constitue pourtant un pilier du projet présidentiel, et qui proposait en 2007 que la moitié des députés soient désormais élus à la proportionnelle.</p>
<p>Pourquoi avoir réduit cette ambition à 25% des sièges, qui plus est avec un mécanisme de majorité absolue automatique à l’italienne, le parti arrivé en tête se voyant attribuer automatiquement les sièges manquants pour atteindre la majorité absolue ? C’est un invraisemblable contresens pour celui qui veut contraindre, à juste titre, les courants politiques réformistes de notre pays à travailler ensemble !</p>
<p>En effet, l’élection des députés à la proportionnelle aurait pour principal avantage de rendre enfin nécessaire l’obtention d’une majorité véritable pour voter les lois. Comment admettre en démocratie, comme c’est le cas aujourd’hui en France, qu’un parti porté au pouvoir par moins d’un électeur sur trois puisse légiférer comme il l’entend, au mépris de la majorité des citoyens ?</p>
<p>L’élection des députés à la proportionnelle permettrait aussi l’entrée de nouvelles formations au Parlement, pour y porter la voix de nombreux électeurs aujourd’hui exclus de toute représentation nationale, et autoriserait ainsi la tenue de débats ouverts et réellement démocratiques.</p>
<p>Elle favoriserait enfin l’émergence de majorités d’idées au Parlement, permettant de dépasser les clivages, trop souvent artificiels, entre une majorité aux ordres et une opposition systématique.</p>
<p>Quant au risque d’instabilité politique qu’induirait cette réforme, contre lequel nous mettent en garde ses détracteurs, il est en réalité souhaitable : est-il sain qu’un gouvernement reste en place pendant cinq ans si sa politique est rejetée par la majorité des Français durant quatre de ces cinq années ? Mieux vaut une relative instabilité que les pleins pouvoirs à une minorité !</p>
<p><span id="more-791"></span></p>
<p>De plus, la possibilité pour le Président de la République de dissoudre l’Assemblée en cas de blocage limite fortement le risque de crises artificielles : les Français trancheront en dernier ressort.</p>
<p><strong>Le Mouvement des Libéraux de Gauche propose donc d’instaurer la proportionnelle intégrale pour l’élection des députés, sur listes nationales, avec un seuil de représentation inférieur à 5 % pour permettre la représentation de tous les courants politiques de notre pays.</strong></p>
<p>Cette réforme ouvrirait la voie à celle, trop longtemps repoussée, du Sénat. La Chambre haute étant dévolue à la représentation des territoires, nous proposons qu’elle soit désormais élue au scrutin majoritaire direct, comme l’est aujourd’hui l’Assemblée Nationale, et que soit mis fin au mécanisme opaque de désignation par les grands électeurs.</p>
<p>Enfin, nous souhaitons que soit drastiquement réduit le nombre d’élus des deux chambres, et que tout cumul de mandats soit rendu impossible pour les députés à élus l’Assemblée Nationale.</p>
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		<title>Primaires citoyennes : l’imagination au rancart</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/primaires-citoyennes-l-imagination-au-rancart/</link>
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		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 11:18:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Parti Socialiste a démontré, à travers l’organisation des « primaires citoyennes », qu’il était capable de renouveler profondément ses pratiques politiques. Il est regrettable qu’il n’en soit pas de même en ce qui concerne ses idées et ses propositions. A défaut d’un candidat libéral à cette élection, le MLG apporte son soutien au prétendant]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Parti Socialiste a démontré, à travers l’organisation des « primaires citoyennes », qu’il était capable de renouveler profondément ses pratiques politiques. Il est regrettable qu’il n’en soit pas de même en ce qui concerne ses idées et ses propositions. A défaut d’un candidat libéral à cette élection, le MLG apporte son soutien au prétendant radical, Jean-Michel Baylet.</strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" title="L'imagination au pouvoir (par Titom - Licence Creative Commons)" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/imagination-pouvoir.jpg" alt="" width="250" height="350" /></strong>C’est avec la plus grande attention, comme des millions de sympathisants de gauche, que les militants du MLG ont suivi les débats qui ont animé la campagne pour les « primaires citoyennes » organisée par le Parti Socialiste et son allié radical. Une innovation que nous saluons et à laquelle nous invitons nos adhérents et sympathisants à participer dimanche.</p>
<p>Pour autant, les propositions avancées par les différents candidats ne nous ont pas convaincues.</p>
<p>Alors que notre pays a besoin d’une réforme profonde et urgente de son modèle social, dont l’architecture même est remise en cause par l’explosion de la dette publique et la persistance d’un chômage endémique que nul ne prétend même plus résorber, la plupart des candidats ne nous proposent que des ajustements à la marge d’un système à bout de souffle.</p>
<p>Qu’il s’agisse de l’organisation du travail, de la crise du logement, des quartiers abandonnés, de la faillite de l’école, de l’insertion ou de la grande pauvreté, c’est en vain qu’on cherchera dans les propositions des candidats socialistes les idées nouvelles qui constitueraient un début de réponse à ces impérieux défis auxquels ne pourra pourtant pas échapper le prochain gouvernement.</p>
<p>Notons l’heureuse exception que constitue la promesse d’un système de retraites à la carte, sur le modèle suédois, qui semble en bonne voie de faire consensus au Parti Socialiste. Il est dommage que les différents candidats ne se soient pas inspirés davantage des réformes audacieuses menées par leurs camarades suédois, qui ont su en quelques années juguler l’endettement de leur pays, moderniser son administration et dynamiser son économie, tout en maintenant un niveau inégalé de prestations sociales.</p>
<p>On déplorera aussi l’absence de toute stratégie de désentettement crédible, alors même que le service de la dette constitue désormais le premier poste de dépenses du budget. Au contraire, c’est en proposant de nouvelles dépenses publiques, plutôt que par des projets de réformes, que la plupart des candidats ont cherché à se distinguer lors des débats.</p>
<p>Cela dit, à contrario de la surenchère interventionniste pratiquée par certains – mais faut-il s’en étonner de la part de ceux qui vont chercher la bénédiction communiste à la Fête de l’Humanité ? -, entre lubies de démondialisation, interdiction des licenciements ou de la spéculation, tutelles publiques et autres blocages des prix, il nous faut saluer la détermination des deux candidats qui, d’un bout à l’autre de la campagne, ont su rappeler aux uns et aux autres la vanité des velléités étatistes et le devoir de vérité de la gauche face à la situation de nos finances publiques.</p>
<p><span id="more-747"></span></p>
<p>Le premier, <span style="color: #000000;">Manuel Valls</span>, a su éveiller depuis longtemps la curiosité et l’intérêt des libéraux de gauche en déclarant vouloir « <em>réconcilier la gauche avec la pensée libérale</em> », en écrivant que la nouvelle frontière de la gauche devait être de « <em>donner à chaque individu les moyens de son autonomie</em> » ou encore qu’il était temps d’ « <em>en finir avec le vieux socialisme pour être enfin de gauche</em> ». Il a su faire aussi des propositions audacieuses, comme la liberté des universités.</p>
<p>Nombre de nos adhérents lui apporteront sans doute leur voix dimanche, pour faire entendre ce message de rupture libérale au sein du vieux Parti Socialiste, dont Valls veut aussi changer le nom.</p>
<p>Hélas, le libéralisme de Manuel Valls tend à disparaître, au profit d&#8217;un brutal autoritarisme, quand il s&#8217;agit de garantir à chacun la liberté de disposer de son corps comme il l’entend. Aussi, le soutien définitif qu&#8217;il apporte à la politique de prohibition désastreuse menée par l&#8217;actuel gouvernement, d’autant plus regrettable pour un candidat qui a mis les questions de sécurité au cœur de son projet, nous interdit de lui apporter le nôtre.</p>
<p>Le second, <span style="color: #000000;">Jean-Michel Baylet</span>, s’est au contraire affirmé, pendant cette campagne, comme un promoteur résolu des libertés individuelles, en défendant notamment la légalisation du cannabis ou le droit de chacun à mourir dans la dignité. Il s’est également montré en pointe sur la question européenne, seul prétendant à affirmer le choix d’une Europe fédérale. Sur ce sujet essentiel, les autres candidats se sont montrés particulièrement en retrait, alors même que la question est au coeur des débats sur la crise de la dette.</p>
<p><strong>En conséquence, le représentant des radicaux de gauche nous apparaît, parmi les candidats aux primaires, comme celui dont les valeurs sont les plus proches des nôtres, celles de la gauche libérale, libertaire et solidaire que nous voulons voir éclore dans notre pays. C’est à ce titre que notre organisation lui apporte, pour cette consultation, son soutien.</strong></p>
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		<title>Après DSK, quel avenir pour la gauche libérale ?</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jun 2011 21:44:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[La défection de Dominique Strauss-Kahn pour l’élection présidentielle, avant même qu&#8217;il ait pu émettre la moindre proposition, est une déception pour la gauche libérale : l&#8217;espoir d&#8217;un projet de progrès pour la France, conciliant modernité et efficacité sociale, s&#8217;estompe sans que l&#8217;on sache s&#8217;il était réellement incarné. Quoi qu’il se soit passé dans le huis-clos]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La défection de Dominique Strauss-Kahn pour l’élection présidentielle, avant même qu&#8217;il ait pu émettre la moindre proposition, est une déception pour la gauche libérale : l&#8217;espoir d&#8217;un projet de progrès pour la France, conciliant modernité et efficacité sociale, s&#8217;estompe sans que l&#8217;on sache s&#8217;il était réellement incarné. </strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-724" title="Dominique Strauss Kahn (photo: Fabrice Coffrini / AFP)" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/dsk.jpg" alt="Dominique Strauss Kahn" width="250" height="350" />Quoi qu’il se soit passé dans le huis-clos de la suite 2806 du Sofitel de New-York, et sans faire injure à la présomption d’innocence, nul ne peut ignorer la réalité politique nouvelle que crée, pour la gauche française, la situation qui est celle de <span style="color: #000000;">Dominique Strauss-Kahn</span>.</p>
<p>De toute évidence, même si celui-ci était innocenté demain des lourdes charges qui pèsent contre lui, il est improbable qu’il puisse revenir dans la course pour l’élection présidentielle de 2012.</p>
<p>Cette situation est désolante pour tous ceux qui espéraient que le favori des sondages incarnerait pendant la campagne une gauche à la fois moderne, ambitieuse et réaliste, ouverte sur le monde et capable de gérer les comptes du pays avec responsabilité.</p>
<p>Paradoxalement, beaucoup attendaient de lui qu’il mène les socialistes au pouvoir tout en espérant qu’il n&#8217;y applique pas le programme, insipide et archaïque, concocté par les apparatchiks de la rue de Solférino sous le sceau du plus petit dénominateur commun.</p>
<p>DSK portait les espoirs de très nombreux électeurs, non seulement parmi les socialistes les plus ouverts aux idées libérales, mais aussi parmi les centristes et même de nombreux sympathisants de droite déçus par la politique de <span style="color: #000000;">Nicolas Sarkozy</span>, rétifs à son dirigisme, inquiets de l’évolution de nos finances publiques ou indignés par la dérive populiste de sa politique sécuritaire.</p>
<p>Tous espéraient qu’avec ce candidat la gauche parviendrait enfin à se réconcilier avec la modernité et saurait proposer aux Français un chemin de progrès pour sortir de la crise, loin des incantations et des vœux pieux. Qu’elle saurait concilier, mieux qu’une droite insensible aux aspirations du peuple, libertés individuelles, efficacité économique et exigences sociales. Tous espéraient aussi échapper avec lui au duel annoncé d’un second tour calamiteux entre Nicolas Sarkozy et <span style="color: #000000;">Marine Le Pen</span>.</p>
<p>Personne, bien sûr, ne sait si Dominique Strauss-Kahn aurait répondu à ces aspirations une fois candidat et, surtout, s’il avait accédé à l’Elysée. Mais nombreux sont les électeurs qui se trouvent désormais sans perspective, coincés entre une droite toujours plus dirigiste et autoritaire, qui dispute ses voix au Front National, un centre qui se cherche sans jamais se trouver et une gauche sans projet crédible, travaillée par la tentation d’une surenchère étatiste et interventionniste.</p>
<p><span id="more-723"></span></p>
<p>Le MLG est un mouvement trop jeune encore pour prétendre présenter un candidat à l’élection présidentielle, mais nous voulons dire à tous ceux qui, à travers la candidature de Dominique Strauss-Kahn, cherchaient une voie à la fois plus sociale et plus libérale vers un nouveau modèle français, que nous sommes ici pour tracer avec eux ce chemin.</p>
<p>Si nous ne présenterons pas de candidat à la présidentielle, nous travaillons en revanche pour être présents aux législatives de 2012, avec pour projet d’aider la gauche à retrouver ses racines libérales, à renouer avec les valeurs républicaines – Liberté, Egalité, Fraternité – qu’elle a tant négligées, à retrouver le souffle, l’énergie et la volonté d’agir pour le bien commun qui furent les siens avant que la chape de plomb du marxisme-léninisme ne vienne éteindre beaucoup de ses lumières.</p>
<p><strong>Nous invitons tous ceux qui avaient espéré que DSK incarnerait un tel projet et dont les espoirs aujourd’hui s’effondrent à venir nous rencontrer et à nous rejoindre pour semer les graines de cette gauche nouvelle dont la France a tant besoin, avec ou sans candidat à la présidentielle.</strong></p>
<p>&#8212;</p>
<p>AGENDA : La prochaine table ouverte du MLG se tiendra le mercredi 8 juin à Paris sur le thème &laquo;&nbsp;Libéralisme 2.0 contre capitalisme et socialisme&nbsp;&raquo;, en compagnie du philosophe et investisseur en capital-risque Sébastier Groyer. <a title="Rencontre-débat : Libéralisme 2.0 contre capitalisme et socialisme" href="http://www.facebook.com/event.php?eid=189857081067221" target="_blank">En savoir plus</a>.<strong><br />
</strong></p>
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		<title>Touche pas à mon Schengen !</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Apr 2011 15:40:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tribunes]]></category>

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		<description><![CDATA[En dérogeant aux accords de Schengen à des fins strictement électoralistes, le gouvernement légitime le discours anti-européen des partis extrémistes. Un risque politique aussi dangereux qu&#8217;inacceptable. Tribune libre par Hugues Serraf*. La France est légitimement préoccupée par l’arrivée d’immigrants tunisiens par dizaines de milliers. Ces derniers ont par ailleurs toute légitimité pour tenter de réussir]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En dérogeant aux accords de Schengen à des fins strictement électoralistes, le gouvernement légitime le discours</strong><strong> anti-européen des partis extrémistes. Un risque politique aussi dangereux qu&#8217;inacceptable. </strong><strong>Tribune libre par Hugues Serraf<sup>*</sup>.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-708" title="Touche pas à mon Schengen (illustration Marc Angel)" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/douanier-schengen.jpg" alt="Touche pas à mon Schengen (illustration Marc Angel)" width="250" height="350" />La France est légitimement préoccupée par l’arrivée d’immigrants tunisiens par dizaines de milliers. Ces derniers ont par ailleurs toute légitimité pour tenter de réussir leur vie d’homme dans un pays plus confortable que le leur, mais les légitimités des uns et des autres sont parfois difficiles à réconcilier.</p>
<p>Pour autant, qu’elle réagisse en proposant de <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2011/04/22/01002-20110422ARTFIG00557-sarkozy-veut-revoir-le-traite-de-schengen.php" rel="nofollow" target="_blank">revenir sur un acquis majeur de l’intégration européenne</a>, soit la possibilité de circuler librement entre 25 pays du continent (dont la Suisse, moins la Grande-Bretagne), ce n’est pas seulement répondre de manière disproportionnée à la question posée, c’est aussi prendre un formidable risque politique.</p>
<p>Depuis le référendum de 2005, l’extrême droite comme l’extrême gauche ont fait de la « délégitimisation » de l’Union Européenne l’axe majeur de leur vision du monde. Leurs arguments ne sont pas toujours strictement superposables, mais les France racornies et rétrécies dont elles rêvent l’une et l’autre se ressemblent comme deux gouttes d&#8217;eau.</p>
<p>Les Italiens, c’est entendu, n’ont guère joué le jeu en distribuant les documents de voyage à qui en demandait, considérant sans doute qu’il s’agissait d&#8217;un bon moyen de refiler la patate chaude au voisin. Mais peut-être pensaient-il également <a href="http://www.com-vat.com/commvat/2011/04/alors-pr%C3%AAts-pour-un-nouveau-trait%C3%A9-europ%C3%A9en-.html" target="_blank">forcer Paris à sortir du bois</a> au plan politique, confier la gestion du trafic ferroviaire à une brigade de CRS ne pouvant passer pour une solution pérenne.</p>
<p>Expérience concluante  : le pays de <span style="color: #000000;">Jean Monnet</span> et <span style="color: #000000;">Robert Schuman</span> prend effectivement position, mais c’est pour mieux plonger dans le piège tendu par les démagogues dans la perspective de la présidentielle. Et si la problématique des flux migratoires selon l&#8217;Élysée passe désormais par le retour des frontières à l’intérieur de l’Union, le prochain coup de grisou financier conduira-t-il <span style="color: #000000;">Christine Lagarde</span> à suggérer un retour au Franc ? Et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_agricole_commune#Perspectives_pour_l.27apr.C3.A8s_2013" rel="nofollow" target="_blank">la fin de la PAC en 2013</a> à la dissolution pure et simple de l’UE ?</p>
<p>L&#8217;Europe n’a pas seulement besoin d’avancer pour ne pas se casser la figure comme la bicyclette du fameux cliché : elle a surtout besoin de ne pas reculer. L’arrivée de ces Tunisiens à Lampedusa, c’est la conséquence directe des « <a title="Une révolte arabe ? Non, Sire, une révolution" href="http://www.libgauche.fr/revolte-revolution-arabe-tunisie/" target="_blank">révolutions arabes</a> », mais c’est aussi, si l’on est d’accord pour prendre un peu de hauteur, l’expression de réalités géopolitiques plus vastes que les égoïsmes et la frilosité « n&#8217;adressent » pas.</p>
<p>La lepéno-mélenchonnisation anti-européenne des esprits est déjà suffisamment avancée pour qu’un président s’étant toujours inscrit dans la continuité du projet d’intégration n&#8217;en fasse pas, par stratégie pré-électorale, une option raisonnable. L’improvisation en politique, c’est déjà agaçant sur ces histoires de primes sur dividendes ou de lecture de lettres de jeunes rebelles aux écoliers ; sur les sujets sérieux, ça devient inacceptable.</p>
<p>*Hugues Serraf est journaliste, chroniqueur sur <a href="http://www.atlantico.fr/users/hugues-serraf" rel="nofollow" target="_blank">Atlantico</a> et <a href="http://www.slate.fr/source/hugues-serraf" rel="nofollow" target="_blank">Slate</a> et compagnon de route du MLG.</p>
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		<title>Energie nucléaire : le débat s’impose, à la lumière de la raison</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/energie-nucleaire-debat/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 2011 20:47:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Les conséquences du séisme et du tsunami japonais sur la centrale nucléaire de Fukushima appellent à un légitime débat sur notre politique énergétique. Celui-ci doit être démocratique, éclairé par la raison et préservé des tentations régressives. C’est un mauvais procès, instruit par un pouvoir d’habitude si prompt à exploiter le moindre fait divers pour imposer]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les conséquences du séisme et du tsunami japonais sur la centrale nucléaire de Fukushima appellent à un légitime débat sur notre politique énergétique. Celui-ci doit être démocratique, éclairé par la raison et préservé des tentations régressives.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-665" title="nucléaire" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/nucleaire.jpg" alt="" width="250" height="350" />C’est un mauvais procès, instruit par un pouvoir d’habitude si prompt à exploiter le moindre fait divers pour imposer son agenda liberticide, d’accuser aujourd’hui les écologistes de « récupérer » les évènements japonais pour critiquer les choix nucléaires de nos gouvernants.</p>
<p>En effet, comment ne pas voir dans le drame qui se déroule au Japon une validation des inquiétudes de ceux qui nous ont mis en garde contre les risques du nucléaire depuis des décennies, tandis que politiques et experts à la solde de l’industrie niaient tout danger ?</p>
<p>Il est légitime que ce débat ait lieu, c’est même une exigence démocratique. Un référendum pourrait en être l’occasion, lequel aurait aussi le mérite, quel qu’en soit le résultat, d’inviter nos voisins européens à débattre également de cette question, par nature transfrontalière.</p>
<p>Les libéraux ont beaucoup d’objections à opposer au nucléaire : l’opacité congénitale du secteur, sa nécessaire hypercentralisation, la soumission de chacun aux choix à long terme imposés par l’État, les investissements publics considérables dédiés à la filière, l’estimation hasardeuse des coûts de démantèlement des centrales et de gestion des déchets et, bien sûr, les risques incommensurables induits par cette technologie en cas d&#8217;accident.</p>
<p>La gestion de la catastrophe de Fukushima illustre une fois encore, bien au-delà de nos frontières, le goût du secret attaché au nucléaire. C’est pourquoi le MLG appelle à <a href="http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon/agir/petitions.html" target="_blank">signer la pétition initiée par la CRIIRAD</a>, demandant que les mesures mondiales de radioactivité, issues du réseau de laboratoires mis en place par le Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires, aujourd’hui confisquées par les États, soient rendues publiques<em> </em>en temps réel.</p>
<p>Les populations affectées, au-delà des frontières, par les conséquences de choix politiques qu’elles n’ont jamais validés, ont le droit de connaître tous les détails de la menace qui pèse sur elles. Et si ces conséquences s’avéraient dommageables, les victimes devraient aussi pouvoir demander justice et réparations aux responsables de la catastrophe.</p>
<p>Nous savons qu’aucune source d’énergie n’est exempte d’inconvénients à ce jour : les énergies fossiles seront de plus en plus chères à l’avenir, rareté oblige, et comportent des risques qui leur sont propres. Les économies d’énergie sont une nécessité mais ne seront de toute évidence pas suffisantes, sauf à mettre en péril le développement de nos économies et sans doute beaucoup de ce qui fait notre confort et notre qualité de vie.</p>
<p><span id="more-664"></span></p>
<p>L’espoir réside dans les énergies renouvelables, qui se développent rapidement, mais dont le coût ne deviendra acceptable que dans quelques décennies. Elles ne manquent pas d’attraits aux yeux des libéraux : le solaire et l’éolien, notamment, qui permettent la production d&#8217;énergie à petite échelle, éventuellement individuelle, mettraient fin à bien des dépendances énergétiques.</p>
<p>Si ces préoccupations nous rapprochent de la plupart de ceux qui se soucient d’écologie et sont attachés à l’idée de développement durable, nous voulons néanmoins mettre en garde contre une certaine vision de l’écologie, réticente à l’idée même de développement, tentée parfois de ranger l’humanité, coupable du progrès technique, au rang de parasite d’une nature idéalisée, qu’il faudrait honorer au prix d’un nouvel interventionnisme radical.</p>
<p>Loin de ces tentations, visant à nous rapprocher d’un « état de nature » dont notre espèce a mis tant de siècles à s’extraire, indifférents aussi aux ambitions industrielles d’une caste qui a jusqu’à présent prohibé toute discussion sérieuse sur la question en France, nous en appelons au débat démocratique, éclairé par la raison et le savoir scientifique, pour faire émerger les solutions qui feront notre avenir énergétique et opérer d’inévitables choix collectifs.</p>
<p>Il nous faudra à la fois gérer le présent, c’est à dire trouver le meilleur compromis à court terme entre nucléaire et fossile, et préparer l’avenir, qui nous semble reposer sur l’usage de nouvelles ressources, renouvelables et bientôt compétitives. Gageons que, cette fois encore, c’est la recherche scientifique et la dynamique des échanges économiques qui apporteront, comme elles l’ont fait depuis des siècles, les solutions qui permettront à l&#8217;humanité d’assurer son développement, en harmonie avec une planète que nous voulons tous préserver.</p>
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		<title>Revenu citoyen : Villepin pour une allocation (presque) universelle</title>
		<link>http://www.libgauche.fr/revenu-citoyen-villepin-allocation-universelle/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2011 18:42:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[En proposant d’instaurer en France un « revenu citoyen » inspiré par le concept d’allocation universelle, Dominique de Villepin permet à cette belle idée, trop longtemps confinée à quelques cercles initiés, d’émerger dans le débat public. Le MLG s’en félicite et appelle toute la gauche à se pencher enfin sur la question pour en faire]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En proposant d’instaurer en France un « revenu citoyen » inspiré par le concept d’allocation universelle, Dominique de Villepin permet à cette belle idée, trop longtemps confinée à quelques cercles initiés, d’émerger dans le débat public. Le MLG s’en félicite et appelle toute la gauche à se pencher enfin sur la question pour en faire un thème majeur de la campagne présidentielle.</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-648" title="850 euros" src="http://www.libgauche.fr/wp-medias/2011/03/revenu-citoyen-villepin-allocation-universelle/euros.jpg" alt="" width="250" height="350" /><span style="color: #000000;">Dominique de Villepin</span> a proposé cette semaine, dans une <a href="http://www.liberation.fr/politiques/01012322806-pour-la-dignite-je-propose-la-creation-d-un-revenu-citoyen" rel="nofollow" target="_blank">tribune</a> parue dans <em>Libération</em>, la création en France d’un « <em>revenu garanti à tous, de l’ordre de 850 euros, autant dire le strict nécessaire […], un socle pour construire une vie digne et libre</em> ». Ce chiffre correspond au seuil de pauvreté dans notre pays, sous lequel survivent quelque 7 millions de personnes.</p>
<p>Financé pour l’essentiel par le redéploiement des aides sociales existantes et les économies induites sur les frais administratifs, ce revenu serait dégressif jusqu’au niveau du revenu médian, autour de 1500 euros. Sans contrepartie formelle, il « <em>créerait l’engagement moral de poursuivre une activité : travail, formation, bénévolat associatif, engagement politique ou syndical, création artistique.</em> »</p>
<p>Le MLG, qui a mis dès sa création l’allocation universelle au cœur de son projet, se réjouit de cette prise de position, aussi inattendue que radicale, de la part d’un ancien Premier ministre qui n’avait pas vraiment brillé jusqu’à présent par ses propositions sociales et économiques.</p>
<p>En dénouant le lien ancestral qui identifie <em>revenu</em> et <em>travail</em>, en constatant que « <em>pendant des siècles l’humanité n’a eu d’autre but que d’assurer sa survie</em> », que « <em>la révolution industrielle, en deux siècles, a changé la donne</em> », qu’il est désormais « <em>nécessaire de donner au citoyen la liberté de se consacrer aux choses de la cité, comme les citoyens athéniens hier</em> », en reconnaissant ainsi l’utilité intrinsèque de toute activité humaine, rémunérée ou pas, Villepin marque une profonde rupture avec l’idéologie du travail érigé en valeur <em>en soi</em>, si chère à sa famille politique, de tous temps &#8211; y compris lorsqu’il dirigeait le gouvernement – et jusqu’à l’actuel Président et son dérisoire « <em>travailler plus pour gagner plus</em> ».</p>
<p>Mais si nous reconnaissons dans les arguments énoncés une réelle proximité avec notre vision de l’allocation universelle, il nous faut pourtant marquer des réserves quant aux modalités qui nous sont ici proposées. En particulier, la brutale dégressivité qui s’appliquerait à cette prestation, selon les chiffres avancés, limiterait considérablement l’incitation à compléter ses revenus par une activité rémunérée, au risque de créer une nouvelle trappe à inactivité &#8211; et une incitation au travail non déclaré &#8211; comme c’est le cas actuellement pour le chômage et le RSA.</p>
<p><span id="more-645"></span></p>
<p>C’est pourquoi nous préférons à celle de Dominique de Villepin <a href="http://www.libgauche.fr/allocation-universelle-voie-liberale-communisme-jacques-marseille/" target="_blank">la proposition de l&#8217;économiste Jacques Marseille</a>, défendant le principe d’une allocation <em>inconditionnelle </em>et <em>cumulable</em>, qui éviterait le piège des effets de seuil et rendrait profitable toute activité rémunérée complémentaire. Sa gestion administrative en serait aussi drastiquement simplifiée.</p>
<p>Par ailleurs, de nombreuses précisions restent à apporter sur le dispositif proposé : ce revenu sera-t-il individualisé, garantissant l’indépendance des choix de vie de chacun ? Sa mise en œuvre sera-t-elle l’occasion d’une refonte complète de notre système de prestations sociales, incluant les allocations chômage et retraite, les aides au logement, ou encore les nombreuses aides à l’embauche ?</p>
<p>Certes imparfaite, la proposition de l’ancien Premier ministre de <span style="color: #000000;">Jacques Chirac</span> a au moins le mérite de faire apparaître dans l&#8217;espace médiatique une idée pleine d’intelligence, de bon sens et de promesses qui, bien qu’étudiée et validée depuis des décennies par de nombreux économistes à travers le monde, de <span style="color: #000000;">Milton Friedman</span> à <span style="color: #000000;">Philippe Van Parijs</span>, reste à ce jour largement méconnue des Français et absente des débats politiques.</p>
<p>La gauche, aujourd’hui silencieuse sur ces propositions, doit s’emparer du sujet. L’allocation universelle peut constituer le socle d’un nouveau projet pour le pays, associant liberté, progrès social et dynamisme économique. Mais il faudrait pour cela d’abord sortir des tergiversations sans fin sur l’âge légal de la retraite, le temps de travail hebdomadaire ou le niveau du SMIC. L’émergence de l’allocation universelle dans le débat donne un sérieux coup de vieux à ces disputes stériles.</p>
<p><strong>Le Mouvement des Libéraux de Gauche organisera prochainement un colloque consacré à l’allocation universelle, qui sera l’occasion de discuter des multiples approches de cette idée aussi révolutionnaire que pragmatique et de la possibilité de la concrétiser en France. Dominique de Villepin sera naturellement le bienvenu s’il souhaite y apporter sa contribution.</strong></p>
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		<title>Une révolte arabe ? Non, Sire, une révolution</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Jan 2011 18:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>

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		<description><![CDATA[La révolte de la jeunesse tunisienne, venue à bout de son satrape, a inauguré un processus révolutionnaire qui ébranlera, nous l’espérons ardemment, l’ordre liberticide établi depuis des décennies dans toute la région, avec la complicité des pays occidentaux, soucieux de préserver, au prix du déshonneur, une illusoire stabilité dans cette partie du monde. Les peuples]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La révolte de la jeunesse tunisienne, venue à bout de son satrape, a inauguré un processus révolutionnaire qui ébranlera, nous l’espérons ardemment, l’ordre liberticide établi depuis des décennies dans toute la région, avec la complicité des pays occidentaux, soucieux de préserver, au prix du déshonneur, une illusoire stabilité dans cette partie du monde.</strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" title="La population arabe est la plus jeune de la planète" src="../wp-medias/2011/01/revolte-revolution-arabe-tunisie/tunisie2.jpg" alt="" width="250" height="350" /></strong></p>
<p>Les peuples du « monde arabe », n’en déplaise aux tenants du relativisme culturel et politique, aspirent comme tous les peuples du monde à la liberté, à la sureté que seul un état de droit peut garantir, au libre choix de leurs représentants, à une économie sans prédation ni corruption qui permette à sa jeunesse de se construire un avenir.</p>
<p>En feignant de l’oublier, arguant un jour que « <em>le premier des droits est celui de manger </em>», saluant un autre d’inexistants « <em>progrès en matière de libertés </em>», soutenant jusqu’à la dernière heure un régime policier qui n’hésitait plus à tirer sur le peuple, la France a une fois de plus fait mentir ceux qui voient encore en elle la patrie des droits de l’Homme et l’amie des libertés. A Tunis, c’est une faute qui ne sera pas facilement pardonnée.</p>
<p>Pourtant, la révolte tunisienne n’aurait du étonner personne, tant elle fermente depuis longtemps et est révélatrice d’une situation à la fois catastrophique et scandaleuse dans l’ensemble de cette région, que l’Europe et la France ont choisi longtemps d’ignorer.</p>
<p>Des régimes autoritaires sourds aux besoins des populations, une démographie explosive, une jeunesse désœuvrée et souvent peu instruite, des femmes aliénées et assignées à la sphère familiale, un environnement fragile marqué par la désertification et une urbanisation sauvage, une économie anémiée dont les rares fruits sont confisqués par quelques uns, une éducation rétive à l’esprit critique, une religion du fatalisme, enfin, qui peine à s’adapter à la modernité : tels sont les ingrédients de l’explosion inéluctable que désignaient, il y a dix ans déjà, une série de rapports accablants, écrits par des intellectuels arabes pour le PNUD, l’agence des Nations-Unies pour le développement.</p>
<p>Depuis, la situation a empiré. Moins industrialisé aujourd’hui que dans les années 70, le monde arabe, pourtant naturellement riche, est maintenu par ses dirigeants dans le sous-développement. Et les rares emplois créés par ces économies somnolentes ne sont pas en mesure de répondre à une pression démographique exceptionnelle : 60% des habitants de la région ont moins de 25 ans, en faisant la zone la plus jeune de la planète avec un âge moyen de 22 ans contre 28 ans pour la moyenne mondiale.</p>
<p><span id="more-628"></span></p>
<p>Cette jeunesse, qui dispose d’un vaste espace, d’une culture ancienne, d’une langue commune, vit malgré ces atouts dans un état de pauvreté et de précarité généralisées. Régentée par des régimes anachroniques, abandonnée au chômage, privée de libertés politiques et économiques, elle n’a d’autres perspectives que la soumission, la frustration ou l’exil, de plus en plus aléatoire à l’heure où les frontières de l’Europe tendent à se fermer.</p>
<p>Nous qui regardons, sur la rive Nord de la <em>mare nostrum</em>, ce désastre qui va accoucher, nous l’espérons, d’un monde meilleur, devons mesurer l’importance de ce moment.</p>
<p>La jeunesse arabe n’a pas dit son dernier mot. Vivant désormais majoritairement dans les villes, elle s’y affranchit des tutelles traditionnelles, élargit ses horizons à travers Internet et les télévisions satellitaires, qui abolissent des frontières jusque là si étanches et mettent à mal le contrôle de l’information par les gouvernements.</p>
<p>Partout, ils ont vu les Iraniens défier les mollahs dans les rues de Téhéran, assisté en direct à la chute du tyran de Carthage, et maintenant à l‘insurrection qui secoue le pouvoir égyptien. Depuis des années, ils s’abreuvent des films et séries issus du monde libre. Et si la planète est désormais pour eux aussi un village, leur frustration n’en est que plus grande, et leur soif de changement irréductible.</p>
<p>Mais s&#8217;ils sont lassés des vieillards cupides et pathétiques qui leur tiennent lieu de gouvernants depuis qu’ils sont nés, ils ne semblent pas pour autant séduits par les discours islamistes, pas plus que par les chimères marxistes. De Tunis à Sanaa, ils n’ont qu’un seul mot d’ordre : Liberté.</p>
<p>Les changements ne vont pas s’arrêter aux frontières de la Tunisie. Du Maroc au Yémen, tout un monde va basculer demain. La France et l’Europe ne pourront pas faire beaucoup plus que d’observer et espérer que ces bouleversements prennent une orientation positive et démocratique.</p>
<p>Espérons qu’à l’avenir, plutôt que le savoir-faire de nos services de sécurité, nous offrirons à la jeunesse arabe des bourses d’études, des investissements pour favoriser les emplois, une coopération institutionnelle et des échanges commerciaux.</p>
<p>Le rêve d’une Méditerranée qui ne serait plus un fossé entre deux rives, mais un lien entre celles-ci, exige pour se réaliser un esprit nouveau au Nord comme au Sud. Un esprit qui chante la recherche du bonheur, de la liberté et de la démocratie. Nous attendons avec impatience que celle-ci devienne clairvoyante au Nord et triomphante au Sud.</p>
<p><strong>Le comité parisien du MLG organise le mercredi 9 février une rencontre-débat autour du thème « Tunisie, une révolution libérale ? », en compagnie de deux opposants tunisiens réfugiés en France. Rendez-vous à partir de 19h à l&#8217;Autre Café, 62 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11 (M° Parmentier).<br />
</strong></p>
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		<title>Au rez-de-chaussée, dans mon HLM&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Dec 2010 16:41:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors qu’une étude rapporte que près de 10% des logements HLM sont occupés par des familles parmi les plus aisées, le MLG appelle à sortir de la logique du logement étatique de masse, un système nécessairement injuste et incapable d’enrayer la hausse des prix immobiliers, pour laisser enfin sa chance à un marché libre du]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors qu’une étude rapporte que près de 10% des logements HLM sont occupés par des familles parmi les plus aisées, le MLG appelle à sortir de la logique du logement étatique de masse, un système nécessairement injuste et incapable d’enrayer la hausse des prix immobiliers, pour laisser enfin sa chance à un marché libre du logement.</strong></p>
<p><strong><img class="alignleft" title="Qu'est-ce qu'il est blème, mon HLM..." src="../wp-medias/2010/12/hlm.jpg" alt="" width="250" height="350" /></strong>Une étude récente de l&#8217;Observatoire de la Pauvreté et de l&#8217;Exclusion Sociale montre que 378.000 logements du parc social sont occupés par des ménages parmi les 20% les plus aisés, dont 50.000 familles disposant de plus de 11.200 euros par mois. Par ailleurs, quelque 800.000 logements sociaux seraient actuellement sous-occupés.</p>
<p>Pendant ce temps 1,2 millions de familles éligibles au logement social (65% de la population peut y prétendre) sont sur des listes d&#8217;attentes depuis parfois plusieurs années.</p>
<p>Des chiffres bruts qui cachent une réalité plus amère encore pour les familles pauvres : ces locataires fortunés sont bien entendu rarement contraints d&#8217;habiter les cités à problèmes mais se retrouvent presque toujours dans les opérations « intégrées » à des quartiers de bon standing, au nom de la mixité sociale. Les cités pourries, c&#8217;est pour les immigrés et les pauvres. La « mixité », pour ceux qui sont dans les petits papiers des potentats locaux.</p>
<p>Mais quand bien même l&#8217;attribution des logements sociaux serait parfaitement honnête, ce qui est un doux rêve, le problème ne serait pas pour autant réglé. En effet, lorsque le prix d&#8217;un bien subventionné, quasi-équivalent à un bien privé de même nature, lui est inférieur de moitié, voire plus, la loi de l&#8217;offre et de la demande condamne le bien subventionné à se trouver en pénurie, ce qui oblige les offreurs à gérer des files d&#8217;attentes.</p>
<p>Et au jeu du plus habile pour faire progresser son dossier au sommet de la pile, ce seront toujours les plus éduqués ou les plus impliqués dans la vie politique et associative locale qui sauront obtenir les meilleures places, comme nous le rappellent des révélations régulières sur les occupants les plus célèbres de ces logements.</p>
<p>On ne s&#8217;étonnera guère, dans ces conditions, que le taux de rotation dans le parc HLM de la ville de Paris soit inférieur à 4% (un ménage entrant reste 25 ans dans les lieux en moyenne) alors qu&#8217;il est de 20% (soit une rotation de 5 ans) dans le secteur privé.</p>
<p><span id="more-612"></span></p>
<p>Face à cette situation, les organismes sociaux réclament &#8211; ô surprise &#8211; plus de moyens et condamnent le « désengagement de l&#8217;Etat » pour construire plus de logements sociaux. Le même refrain nous est servi depuis les années 90, et plus personne ne peut y croire. La mécanique du logement social est viciée à la base : du fait de sa nature subventionnée, toute offre nouvelle souffrira des mêmes maux que l&#8217;actuelle si le système n&#8217;est pas changé.</p>
<p><strong>Pour lutter contre le manque de logements et la hausse continue des loyers, des solutions existent pourtant.</strong></p>
<p>D’abord, une grande loi de libération foncière, rendant tout terrain en zone périurbaine constructible par défaut, à l’exception des zones dangereuses, de l&#8217;espace protégé du littoral, des parcs naturels et des zones classées, ferait retrouver durablement aux prix du foncier un niveau raisonnable. Cela permettrait de construire assez rapidement des nouveaux logements en nombre suffisant pour faire baisser les prix dans des proportions importantes, réduisant considérablement les besoins de « traitement social » du logement.</p>
<p>Ensuite, la privatisation de l’essentiel du parc HLM, sous réserve qu&#8217;elle bénéficie d&#8217;abord aux ménages occupants lorsqu&#8217;ils en respectent encore les critères d&#8217;attribution, permettrait de fluidifier considérablement le marché locatif. Le reliquat du parc social devrait alors être réservé au logement d’urgence à court et moyen terme, pour ceux qui en ont le plus besoin.</p>
<p>Enfin, l’allègement des dispositifs imposés par la loi dans les baux de location, qui ont pour effet de surprotéger les locataires en limitant à l’extrême les possibilités d’action contre les mauvais payeurs, faciliterait certainement, en soulageant la méfiance des propriétaires, l’accession à la location privée à bien des demandeurs qui ne peuvent se loger aujourd’hui faute d’un « dossier » en béton ou de garants fortunés.</p>
<p>Diminuer le poids de l&#8217;Etat dans le domaine du logement, en ces temps de fortes tensions budgétaires, serait une solution inédite, après des décennies de « crise » perpétuelle subie par les familles modestes de France. Elle donnerait enfin sa chance à un marché libre du logement, susceptible de satisfaire la demande et de limiter la spéculation, et permettait de concentrer l’effort de solidarité publique sur les cas de réelle précarité.</p>
<p>&#8212;</p>
<p>Pour approfondir ces questions, nous vous recommandons de consulter l&#8217;excellent site de Vincent Bénard :  <a href="http://crisepublique.fr/">http://crisepublique.fr</a>.</p>
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		<title>Ouverture : les aventuriers de la gauche perdue</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Nov 2010 17:56:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LibGauche</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le récent remaniement ministériel, s’il tient surtout du non-évènement, nous aura tout de même offert une satisfaction, la disparition du sinistre Ministère de l’Identité Nationale, et une saine clarification, la fin de « l&#8217;ouverture à gauche » qui s’est avérée une impasse. C&#8217;est qu&#8217;ils avaient fière allure, ces pionniers de la gauche moderne et réaliste,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le récent remaniement ministériel, s’il tient surtout du  non-évènement, nous aura tout de même offert une satisfaction, la  disparition du sinistre Ministère de l’Identité Nationale, et une saine  clarification, la fin de </strong>«<strong> l&#8217;ouverture à gauche</strong> »<strong> qui s’est avérée une  impasse.</strong></p>
<p><img class="alignleft" title="Bernard Kouchner en Afghanistan, 1984 (par José Nicolas)" src="../wp-medias/2010/11/ouverture-les-aventuriers-de-la-gauche-perdue/bernard-kouchner.jpg" alt="" width="250" height="350" />C&#8217;est  qu&#8217;ils avaient fière allure, ces pionniers de la gauche moderne et  réaliste, qui lassés de n’être pas entendus dans leur camp, et au risque  d’apparaître comme des renégats, décidaient en 2007 de rejoindre le  gouvernement du président <span style="color: #000000;">Sarkozy</span>, fraîchement élu.</p>
<p>Celui-ci n’avait-il pas annoncé la fin de la Françafrique, une  diplomatie des Droits de l’Homme ou un ambitieux plan Marshall  pour les banlieues ? Et cette main tendue à des personnalités de gauche  ne démontrait-elle pas un engagement à gouverner autrement ?</p>
<p>Que reste-t-il trois ans plus tard de cette aventure ? Malgré <span style="color: #000000;">Jean-Marie Bockel</span>, la Françafrique se porte toujours bien, malgré <span style="color: #000000;">Fadela Amara</span>, les banlieues se portent toujours mal, malgré <span style="color: #000000;">Bernard Kouchner</span>, la France a reçu avec tous les honneurs les dirigeants chinois ou libyens.</p>
<p>Il ne pouvait en être autrement, cette prétendue ouverture n’étant  qu’une ruse et ces prises de guerre autant de trophées politiques,  supposés témoigner de la déliquescence de l’opposition et rendre un peu  plus difficile encore sa nécessaire recomposition.</p>
<p>Sous tutelle des conseillers de l’Elysée et de Matignon, aucun de ces  ministres n’eut jamais les moyens de mettre en œuvre les projets qu’il  portait, une expérience qui fut certainement très frustrante, et parfois  même humiliante pour les intéressés. Ils avaient fui une mission  incertaine, la difficile réforme de la gauche, pour s’embourber dans une  mission impossible : moderniser la France avec un gouvernement de  droite.</p>
<p>Le naufrage de cette expérience, dont les cobayes ont été des  personnalités de gauche parmi les plus proches des idées libérales, aura  eu au moins le mérite de clarifier une chose : la droite française est  plus que jamais antilibérale. Et l’éviction simultanée d’<span style="color: #000000;">Hervé Novelli</span>,  seul membre du gouvernement à assumer l’épithète maudit, qui n’a  pourtant pas démérité en créant le statut d’auto-entrepreneur, finit  d’en apporter la démonstration.</p>
<p>Mais pendant ce temps la rénovation de la gauche n’a pas pour autant  progressé et les vieilles recettes étatistes ont encore la cote. Les  éléphants et les jeunes lions, toujours prompts à excommunier les  camarades divergents, le furent hélas moins à dépasser leurs archaïsmes  pour imaginer un programme crédible de gouvernement.</p>
<p>Pourtant, seule une gauche pleinement réconciliée avec les idées  libérales sera  capable de proposer aux Français un projet de  gouvernement à la fois  cohérent, progressiste et crédible en 2012.</p>
<p>C’est à un tel projet que le MLG souhaite s’associer et apporter sa contribution.</p>
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