Fédéralisme ou désunion : l’Europe au pied du mur
Après le sommet européen de juin, qui a renforcé l’union monétaire et économique entre les états membres de la zone euro, la perspective d’un « saut fédéral » de l’Union est de moins en moins tabou. D’évidence, l’Europe doit aujourd’hui se muer en une véritable fédération, sauf à se disloquer sous la pression d’intérêts nationaux divergents. Mais cette refondation ne pourra pas se faire sans la participation des peuples. Tribune libre par Michel Faure*
La crise que nous traversons exige des réponses politiques et non des placebos économiques, parce qu’elle est le fruit de l’incohérence institutionnelle de l’Europe.
Celle-ci, depuis ses origines, aux lendemains de l’après-guerre, n’a pas su choisir clairement dans la seule alternative que lui présentait l’avenir : un vaste et libre marché, ou bien une fédération, fût-elle largement décentralisée. Toujours, elle a balancé entre ces deux options, ouvrant un « marché commun » après avoir refusé une communauté de défense (la CED), puis créant une « Union », et enfin une monnaie commune, sans pour autant en accepter les exigences fédératives.
Aurait-elle choisi le vaste libre marché, qui convient tout à fait, par exemple, au Royaume-Uni, que l’Europe n’aurait tout de même pas fait l’économie de la question du fédéralisme. Elle vivrait aujourd’hui sans doute d’autres crises, monétaires elles aussi, de dévaluations compétitives pour tenter de gagner quelques avantages dans cette zone de libre-échange. L’Europe ne serait toujours pas un lieu sans conflit et, pour les désamorcer, sans doute nous serions-nous dirigés vers de nouvelles règles qui, petit à petit, auraient grignoté nos souverainetés nationales. Même dans un tel scénario, donc, nous nous serions aussi, finalement, reposé la question du fédéralisme.
L’Europe aurait pu, dans l’immédiat après guerre, devenir un ensemble fédéral, des Etats-Unis d’Europe, avec une constitution calquée sur celle des Etats-Unis qui est un modèle de simplicité. Un président élu, chef de l’exécutif, une chambre représentant les peuples et un sénat représentant les Etats, de manière égalitaire sans considération de leur population (chaque Etat élit deux sénateurs, la Californie, qui compte plus de 37 millions d’habitants, tout comme le Wyoming, qui en compte moins de 600.000). Les Etats membres ont leur propre constitution, leur propre gouvernement national et leurs pouvoirs législatif et judiciaire. Tous reconnaissent cependant leur appartenance à une seule nation, les Etats-Unis d’Amérique, tout en cultivant leurs particularismes.
Hélas, cet « après-guerre » qui fut le temps des grandes décisions européennes ne joua pas en faveur de la fédération qu’appelaient pourtant de leurs vœux la plupart des « pères » de l’Europe, d’Altiero Spinelli à Jean Monnet en passant même par Winston Churchill. Tous évoquèrent « les Etats-Unis d’Europe », mais c’était une idée trop « atlantiste » et américanophile pour une droite conservatrice et patriote comme celle du gaullisme, par exemple, et une gauche encore fortement influencée par le marxisme. Avec la Guerre froide qui déjà menaçait, la gauche européenne avança son propre projet d’un « Mouvement pour les Etats-Unis socialistes d’Europe » dont nous eûmes assez vite une idée, hélas, avec les émeutes ouvrières de Berlin puis l’édification de son mur, et avec Budapest et Prague. Ce conflit entre deux Europe, l’occidentale et l’orientale, que séparait un symbolique « rideau de fer » et l’exaltation générale du patriotisme, ravivé par les conflits anciens, les amertumes des guerres coloniales et les tensions est-ouest, eurent raison de ce rêve fédéral.
L’Europe, par ailleurs, n’était pas encore cette « grande Europe » que nous connaissons aujourd’hui, et la démocratie n’y était pas encore la règle, à l’Est, bien sûr, mais à l’Ouest aussi, avec l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar et la Grèce des colonels. Faute de se fédérer, l’Europe « de l’Ouest », comme on le disait alors, commença donc à avancer à petits pas dans des directions aléatoires, à travers les aléas d’une prudente coopération interétatique. Ce fut d’abord le charbon et l’acier, puis, sous l’égide du Français Robert Schuman, de l’Allemand Konrad Adenauer, de l’Italien Alcide De Gasperi, et du Belge Paul-Henri Spaak, le lent cheminement, qui prendra près d’un demi-siècle, allant de l’Europe des Six du Traité de Rome, ratifié en 1958, à l’Union des 27 du Traité de Lisbonne, de 2007. Sa gouvernance est un duopole entre le conseil des Etats et la bureaucratie non élue de la Commission, avec comme contre-pouvoir un Parlement qui nous semble, toujours, encore un peu trop lointain. Entre temps, on ignora deux référendums négatifs, et le rêve européen a tourné à l’usine à gaz, avec pour nouvelle charte fondamentale (qui ne dit pas son nom), un texte abscond de 145 pages, additionné de 36 protocoles et 26 déclarations et annexes – le Traité de Lisbonne – alors que les peuples attendaient sans doute qu’on leur propose de voter eux-mêmes pour ou contre une Constitution simple et efficace qu’ils auraient pu lire d’une seule traite et comprendre sans effort.
Le résultat est une Europe hétéroclite, une association à géométrie variable de 27 Etats, dont 17 partagent une même monnaie. Sa complexité est grandissante et son horizon de plus en plus incertain.
Ce qui est certain, c’est que l’Europe ne peut pas continuer ainsi. Sa complexité, sa bureaucratisation, le fait que sa construction ait parfois ignoré la volonté des peuples exprimée par référendums, ont sapé sa légitimité. Avec la crise, l’Europe qui devait nous apporter grandeur, prospérité éternelle et ouverture au monde, apparaît désormais comme la source de tous nos soucis. Le rêve est oublié, les nationalismes se réveillent, les intérêts nationaux l’emportent sur la solidarité. Les peuples ne sont plus émus par le projet européen. Tout au plus se demandent-ils comment en sortir.
L’Europe, aujourd’hui, est au pied du mur. Et ce mur, on l’a bien vu lors du sommet des 29 et 30 juin, c’est celui de l’Europe fédérale. Pour sauver l’euro, il faut une politique budgétaire commune et des règles bancaires communes. Et pour que ces règles communes soient légitimes, il est essentiel qu’elles soient le fruit d’une décision politique commune. Sans fédération, ce n’est pas la peine d’y penser. Donc, ne perdons plus de temps et décidons. Ou l’Union se désunit, ou l’Europe se fédéralise.
Les Etats-Unis d’Europe, si jamais nous y arrivions un jour, poseraient trois problèmes. Un problème aux classes politiques nationales, pour remettre en cause leur pouvoir et leur fonction. Un problème aux peuples qui devront, en dernier ressort, décider de leur destin, enfin un problème à l’Europe telle que nous la connaissons. David Cameron n’est pas Churchill, et il est quasiment certain que le Royaume-Uni refuserait d’entrer dans une fédération. Il est possible aussi qu’une nation institutionnellement fragile comme l’Espagne, par exemple, risquerait de se fractionner régionalement face à l’aspiration fédérale. Elle pose enfin un problème aux dix pays qui n’ont pas l’euro comme monnaie commune, et n’ont donc pas les mêmes priorités fédéralistes que les 17 pays de la zone euro.
Mais rien n’empêche cependant une fédération des Etats-Unis d’Europe de vivre au sein d’une plus vaste zone européenne de libre-échange. On peut même faire le pari – optimiste, certes, mais l’optimisme est un sentiment inhérent au désir politique – que la cohérence de la fédération, sa puissance politique et militaire et le champ élargi de son économie donneront à ses membres un élan propre à attirer vers eux leurs partenaires restés à l’écart.
Si les politiques, à l’exception des plus brillants, ont beaucoup à perdre avec une Europe fédérale, les peuples, eux, ont tout à gagner : une citoyenneté partagée avec un ensemble cohérent, élargi et démocratique, régi par des règles constitutionnelles communes. Une économie et un marché plus vaste, une monnaie unique, toujours, et ses avantages. Il est probable, par ailleurs, que la puissance d’une grande fédération, avec ses forces armées et sa diplomatie mises en commun, incite les élus locaux à être plus en phase avec les préoccupations quotidiennes de leurs administrés. Nous aurions alors, je crois, le meilleur de deux mondes : la puissance et la prospérité d’un ensemble mondialisé, et le plaisir de garder un lien sentimental avec son coin personnel de la vaste Europe où cultiver sa différence.
Le vrai problème, c’est que la question de la fédération n’a jamais encore été posée aux peuples européens. On ne leur a jamais proposé une constitution fédérale, on ne leur a jamais demandé comment ils la verraient, comment ils souhaiteraient articuler cette organisation fédérale et les institutions décentralisées qui les concerneraient personnellement.
Dans trois ans, nous fêterons les 70 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Europe unie est l’enfant de cette guerre, les nationalismes européens aussi. Nos enfants, par contre, sont nés avec cette nouvelle Europe qui a pris forme après la chute du communisme et l’exaltation de la liberté. Il faudrait qu’elle leur ressemble, qu’elle soit simple et ouverte, universelle et pacifique, entreprenante et polyglotte, offrant des opportunités plus larges que la province et la nation. Les Etats-Unis d’Europe serait alors une nouvelle étape d’une histoire très humaine qui va du village et son clocher vers le « pays » et son patois, puis la province et ses promesses, la nation et ses idéaux, et maintenant l’Europe et son avenir. Les espaces, comme les esprits, finissent toujours par s’élargir.
*Michel Faure est écrivain, ancien journaliste à Libération et L’Express et Vice-président du MLG. Cette tribune a été initialement publiée sur atlantico.fr.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par LibGauche le 18 juillet 2012 à 22:29, et placée dans Tribunes. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |



about 10 months ago
Hallelujah !
about 10 months ago
L’article, auquel j’adhère comme projet politique, contient tout de même dès le départ une singulière erreur d’analyse politique sur la question du fédéralisme:
- « …une chambre représentant les peuples… »
Dans une fédération, il est impossible qu’il existe des « peuples », surtout au sens où il est puissamment connoté dans les principales langues européennes.
about 10 months ago
Magnifique article, que je partage totalement. Je voudrais le partager aussi avec les amis italiens!
FEDERALISMO E DISUNIONE : L’EUROPA CON LE SPALLE AL MURO.
Dopo il vertice UE di giugno, che ha rafforzato l’unione economica e monetaria tra gli Stati membri della zona euro, la prospettiva di un « salto federale » dell’Unione sta diventando sempre meno tabù. Chiaramente, l’Europa si sta trasformando in una vera federazione, salvo il disperdersi sotto la pressione degli interessi nazionali. Ma questa revisione non avverrà senza la partecipazione della gente.
Open Forum di Michel Faure *
La crisi che stiamo attraversando richiede risposte politiche e non dei placebo economici, perché è il frutto dell’incoerenza istituzionale dell’Europa.
Questa, dalle sue origini all’indomani del dopo-guerra non ha saputo scegliere chiaramente l’unica alternativa che le si presentava nell’avvenire : un vasto e libero mercato, o ben una vera federazione, fosse anche in gran parte decentrata. Eppure, ha oscillato tra queste due opzioni, aprendo un « mercato comune », dopo aver rifiutato una comunità di difesa (CED), poi creando una « Unione » e, infine, una moneta comune, senza accettare le esigenze federative.
Avrebbe scelto il vasto e libero mercato, che è molto conveniente, per esempio, al Regno Unito,per cui l’Europa ancora oggi non fa dell’economia un tema centrale del federalismo. Oggi vivrebbe sicuramente altre crisi, anch’esse monetarie, svalutazioni competitive per tentare di ottenere alcuni vantaggi in materia in questa zona di libero scambio.
L’Europa non sarà sempre un luogo senza conflitto e per disinnescarli, senza dubbio forse dovremmo essere portati a creare nuove norme che, a poco a poco, avrebbero eroso la nostra sovranità nazionale. Anche secondo un simile scenario, quindi, anche in ultima analisi, si sarebbe riproposto il tema del federalismo.
L’Europa avrebbe potuto, nel dopoguerra immediato, diventare un insieme federale, gli Stati Uniti d’Europa, con una costituzione modellata su quella degli Stati Uniti che è un modello di semplicità. Un presidente eletto, capo dell’esecutivo, una camera che rappresenta il popolo e un senato che rappresenta gli stati, in modo egalitario e a prescindere dalla loro popolazione (ogni Stato elegge due senatori,la California, con oltre 37 milioni di abitanti, come il Wyoming, che conta meno di 600.000). Gli Stati membri hanno le loro costituzioni, i loro governi nazionali e le loro poteri legislativi e giudiziari. Ognuno riconosce, tuttavia, la loro appartenenza ad una nazione, gli Stati Uniti d’America, pur coltivando le loro peculiarità.
Ahimè, questo « dopo-guerra » che fu il momento delle grandi decisioni europee non ha giocato a favore della federazione che si auguravano la maggior parte dei « padri » dell’Europa, da Altiero Spinelli a Jean Monnet passando anche da Winston Churchill. Tutto evocheranno « gli Stati Uniti d’Europa », ma l’idea era troppo « atlantista », e filo-americana per una destra conservatrice e patriottica come quella del gaullismo, per esempio, e una sinistra ancora fortemente influenzata dal marxismo. Con la guerra fredda che già minacciava, la sinistra europea mette avanti il suo progetto di un « Movimento per gli Stati Uniti Socialisti d’Europa » di cui ci facemmo un’idea abbastanza veloce, purtroppo, con i tumulti dei lavoratori a Berlino e la costruzione del muro, e con Budapest e Praga. Questo conflitto tra Europa, Occidente e Oriente, separati come da simbolica « cortina di ferro » e l’esaltazione generale del patriottismo, riaccese vecchi conflitti, l’amarezza delle guerre coloniali e le tensioni Est-Ovest, prevalsero su questo sogno federale.
Europa, d’altronde, non era ancora questa « Grande Europa » che conosciamo oggi, e la democrazia non era ancora la regola, ad Est, naturalmente, ma anche in Occidente con la Spagna di Franco, di Salazar in Portogallo e la Grecia dei colonnelli. Non riusciendo a federarsi, l’Europa « dell’Ovest » come si chiamava allora, cominciò dunque a muoversi a piccoli passi in direzioni casuali, attraverso l’alea di una prudente cooperazione interstatale. Prima fu il carbone e l’acciaio, poi, sotto l’egida del francese Robert Schuman, del tedesco Konrad Adenauer , dell’italiano Alcide De Gasperi, e il belga Paul-Henri Spaak, il lento cammino, che prenderà quasi mezzo secolo, dall’Europa dei Sei del trattato di Roma, ratificato nel 1958, all’Unione dei 27 del trattato di Lisbona, 2007. La sua governance è un duopolio tra il Consiglio degli Stati e della burocrazia non eletta della Commissione, con un contro-potere quale il Parlamento che crediamo, sempre, un po ‘troppo lontano. Nel frattempo, abbiamo ignorato due referendum negativi, e il sogno europeo trasformato in un impianto a gas, con la nuova Carta fondamentale dei Diritti (che non dice il suo nome), un testo astruso di 145, addizionato di 36 protocolli e 26 dichiarazioni e appendici – il trattato di Lisbona – mentre le popolazioni si aspettavano che si offrisse loro di votare a favore o contro una costituzione semplice ed efficace che avrebbero potuto leggere in una sola seduta e capire con facilità.
Il risultato è un Europa eteroclita, un’associazione a geometria variabile di 27 Stati, 17 dei quali condividono una moneta comune. La sua complessità sta aumentando ed il suo orizzonte e sempre più incerto.
Quel che è certo è che l’Europa non può continuare cosi’. La sua complessità, la sua burocratizzazione, il fatto che la sua costruzione abbia talvolta ignorato la volontà del popolo espressa attraverso i referendum, hanno minato la sua legittimità. Con la crisi l’Europa che doveva portarci grandezza, prosperità e apertura al mondo eterno, appare ora come la fonte di tutte le nostre preoccupazioni. Il sogno è dimenticato, risvegliare il nazionalismo, gli interessi nazionali prevalgono sulla solidarietà. Le persone non sono più toccati dal progetto europeo. Al massimo, si chiedono come uscirne.
Europa oggi è con le spalle al muro. E quel muro, era evidente al vertice del 29 e 30 giugno è quello di un’ Europa federale. Per salvare l’euro, abbiamo bisogno di una politica fiscale comune e delle regole bancarie comuni. E affinchè queste regole comuni siano legittime, è essenziale che siano il risultato di una decisione politica comune. Senza federazione, non vale la pena pensarci. Pertanto, non perdiamo piu’ tempo e decidere. O l’Unione si scioglie, o l’ Europa si federalizza.
Gli Stati Uniti d’Europa, se mai ci arrivassimo un giorno, poneranno tre problemi. Un problema per classi politiche nazionali, che rimettere in causa il loro potere e la funzione. Un problema per le persone che in ultima analisi dovranno decidere del loro destino, infine un problema all’ Europa cosi’ come la conosciamo oggi. David Cameron non è Churchill, ed è quasi certo che il Regno Unito rifiuterà di entrare in una federazione. E ‘anche possibile che una nazione istituzionalmente debole come la Spagna, per esempio, rischierebbe di frazionarsi regionalmente di fronte all’aspirazione federale. Infine, si pone un problema per i dieci paesi che non hanno l’euro come moneta comune, e quindi non hanno le stesse priorità federaliste come i 17 paesi della zona euro.
Ma nulla impedisce, tuttavia, a una federazione di Stati Uniti d’Europa di vivere in seno ad una zona europea piu’ ampia di libero scambio. Si può anche scommettere – ottimista, certo, ma l’ottimismo è insito nella volontà politica – che la coerenza della federazione, il suo potere politico e militare e la portata crescente della sua economia, forniranno ai suoi membri un impulso specifico per attirare verso loro i partner rimasti lontano.
Se i politici, ad eccezione dei più brillanti, hanno molto da perdere con un’Europa federale, i popoli, hanno tutto da guadagnare: una cittadinanza condivisa con un insieme coerente, elargito e democratico, governato da regole costituzionali comuni. Una economia ed un mercato più ampio, una moneta unica, sempre, ed i suoi benefici. E ‘probabile, d’altronde, che la potenza di una grande federazione, con il suo apparato militare e la diplomazia in comune, incoraggi le autorità locali ad essere più in sintonia con le preoccupazioni quotidiane dei loro amministrati. Avremmo allora, credo, il meglio dei due mondi: la potenza e la prosperità di un insieme globalizzato, ed il piacere di mantenere un legame emotivo con il proprio angolo personale di Europa o coltivare la propria differenza.
Il vero problema è che la questione della federazione non è stato mai ancora posto ai popoli europei. Non è mai stata proposta loro una costituzione federale, nessuno ha mai chiesto loro come vedrebbero come si vorrebbero articolare questa organizzazione federale e le istituzioni decentralizzate che li riguardano personalmente.
Fra tre anni si celebrerà il 70 ° anniversario della fine della seconda guerra mondiale. L’Europa unita la figlia di questa guerra, come i nazionalismi europei. I nostri figli, per contro, sono nati con questa nuova Europa che ha preso forma dopo la caduta del comunismo e l’esaltazione della libertà. Dovrà un giorno assomigliare a loro, che sia semplice e aperta, universale e pacifica, intraprendente e multilingue, che offra le opportunità piu’ ampie che le provincie e le nazioni. Gli Stati Uniti d’Europa sarebbero allora un nuovo passo in una storia molto umana che va dal villaggio e il suo campanile al « paese » e il suo dialetto, poi la provincia e le sue promesse, la nazione ei suoi ideali, e ora L’Europa e il suo futuro. Gli spazi, come gli spiriti,finiscono sempre ad espandersi.
* Michel Faure è uno scrittore, giornalista ex Libération e L’Express e Vice Presidente del MLG. Questo forum è stato originariamente pubblicato su atlantico.fr .
about 9 months ago
« la question de la fédération n’a jamais encore été posée aux peuples européens », dites-vous. Mais que croyez-vous que les « peuples » répondraient aujourd’hui si on leur posait la question ?
about 9 months ago
@ pascal galinier
@ Michel Faure
« « la question de la fédération n’a jamais encore été posée aux peuples européens », dites-vous. Mais que croyez-vous que les « peuples » répondraient aujourd’hui si on leur posait la question ? »
La question de la fédération n’a jamais été posée? C’est quoi « la question de la fédération »? La question bête par excellence? Comment elle se pose? On fait un référendum « national » pour tous les citoyens de l’Union Européenne, dont l’intitulé est « Fédération », et les citoyens doivent aller aux urnes poser un bulletin OUI ou NON dans l’urne?
Ce qui est désespérant dans ce débat, ce n’est pas tant ce que suggère la réaction de Pascal Galinier, et qui est, probablement, totalement fausse.
Ce qui est le plus désespérant, comme j’en ai fait la remarque indirectement il y a un mois, c’est la manière dont la question est abordée par Michel Faure qui est certainement un sincère partisan de l’Union Européenne et de la démocratie, disons. Mais avec des amis, des partisans comme ça, le fédéralisme, la démocratie en Union Européenne n’a pas besoin d’ennemis comme pascal galinier.
Le plus désespérant de tout, c’est que, fondamentalement, la question de fond a déjà été posée en 2007 aux citoyens de l’Union Européenne. Et la réponse a été sans la moindre ambiguïté!!!
66% des citoyens étaient pour!!!
En Allemagne, 78%!!!!
En Italie 72%, en France 68%!!!
Evidemment, depuis, les bureaucrates de Bruxelles se sont empressé d’enterrer le débat.
Le plus fort, c’est que les « fédéralistes » européens n’ont pas cherché à le faire vivre!
Mais c’est vrai, que reste-il de cette adhésion majoritaire aujourd’hui?