Après le débat calamiteux sur l’identité nationale, les mauvaises blagues « auvergnates » de Brice Hortefeux et la stigmatisation récente des populations roms au prétexte d’un fait divers, Nicolas Sarkozy est allé au bout de sa logique en désignant les Français « d’origine étrangère » comme principaux responsables de la délinquance.

Il est paradoxal que celui qui a été l’artisan de l’abolition de la double-peine, mesure « cruelle pour des étrangers qui ont construit toute leur vie en France », selon les mots du Ministre de l’Intérieur Sarkozy en 2003, propose aujourd’hui de retirer la nationalité française aux « personnes d’origine étrangère » qui auraient porté atteinte à la vie de « toute personne dépositaire de l‘autorité publique ».

Une proposition que l’actuel ministre de l’Intérieur – dont on peut se demander ce qu’il fait encore à ce poste après sa récente condamnation en première instance pour des propos racistes – entend déjà étendre à divers « actes de délinquance grave ».

Si l’inconstitutionnalité flagrante de telles mesures nous laisse espérer qu’elles ne sont pas prêtes de s’appliquer dans notre pays, qui reste tant bien que mal un État de droit, nous dénonçons l’irresponsabilité d’un exécutif qui, faute d’obtenir le moindre résultat en matière de sécurité, cède à la démagogie xénophobe au risque de monter les uns contre les autres et d’attiser les tensions dans les quartiers « sensibles ».

Loin de nous l’idée de minimiser la gravité de la violence quotidienne à laquelle nombre de nos concitoyens sont livrés depuis des années ou de chercher des excuses aux caïds et autres casseurs qui terrorisent les habitants de nombreux quartiers. Ceux-ci doivent répondre de leurs actes devant la Justice et nous attendons qu’elle se montre sévère à l’égard de ceux qui usent de violence. Mais aucun impératif de sécurité ne peut justifier qu’on stigmatise à priori une partie des citoyens français, en fonction de leurs origines, présumées criminogènes.

Que la police fasse son travail et neutralise les individus violents, c’est bien la moindre des choses. Que le gouvernement lui en donne les moyens, dans les limites du droit, c’est ce que beaucoup de Français – toutes origines confondues – attendaient de cette majorité. Mais qu’ils foutent la paix à ceux qui ne s’en prennent à personne et tentent de vivre en France, dans le respect des lois et en bonne entente avec chacun, d’où qu’ils viennent !

Le Mouvement des Libéraux de Gauche s’associe à l’appel citoyen et au communiqué commun initiés par la Ligue des Droits de l’Homme et appelle à manifester le samedi 4 septembre, à 14h00, place de la République à Paris et partout en France, « pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun ».

Signez la pétition en ligne : http://nonalapolitiquedupilori.org/