Face au terrorisme, ne cédons rien sur nos libertés

Le MLG salue les réponses du gouvernement en matière de sécurité intérieure, après les attentats qui ont endeuillé notre pays, du déploiement militaire massif opéré en urgence au renforcement annoncé de nos services de renseignement. Toute loi d’exception remettant en cause les libertés publiques, que l’exécutif s’est honoré à écarter, aurait été une victoire accordée aux terroristes.

Militaires en faction devant l'Arche de la Défense à Paris

Après la vague d’attentats islamistes qui a frappé Paris en ce début d’année et la vive émotion qu’elle a suscitée vient le moment de s’interroger sur les réponses sécuritaires qu’il convient d’apporter à une menace qui ne faiblira sans doute pas dans les prochaines années.

Il nous faut tout d’abord rappeler que les menaces qui pesaient sur la rédaction de Charlie Hebdo étaient bien réelles et qu’elles auraient mérité d’être davantage prises au sérieux, notamment par des moyens de protection plus adaptés et plus constants. Il est consternant d’apprendre au lendemain du drame que le dispositif de sécurité autour du journal avait été récemment allégé et qu’un syndicat policier militait même activement pour sa suppression pure et simple, considérant celle-ci comme « un luxe ». Que par ailleurs, le dessinateur Charb, qui figurait sur la liste des cibles prioritaires désignées par Al-Qaida, s’était vu refuser le droit de porter une arme malgré une pratique régulière du tir sportif.

Aussi, il faut saluer la décision du gouvernement de renforcer la protection d’un certain nombre de cibles potentielles par le déploiement de militaires suffisamment armés pour répondre à toute attaque terroriste de l’ampleur de celles que nous venons de connaître. Ce choix, même s’il peut raisonnablement inquiéter une société peu habituée à voir des militaires en faction dans l’espace public, nous rassure aussi dans la mesure où il nous paraît poser moins de risques pour les libertés individuelles qu’une réponse strictement policière.

Car si le djihadisme est une menace qu’aujourd’hui personne n’oserait plus contester, le travail de renseignement rendu nécessaire pour y faire face, et qui doit être renforcé, doit toutefois être mené avec précaution et discernement. Aussi, nous saluons la décision de ne pas envisager de lois d’exception, à l’image du Patriot Act mis en place aux Etats-Unis après les attaques du 11 septembre 2001, malgré la surenchère à laquelle se sont livrées nombre de personnalités de droite au lendemain des attentats.

La volonté de mettre à mal les libertés dans les démocraties occidentales, comme dans celles qui émergent dans le monde arabe, n’est pas le moindre des objectifs des islamistes et toute concession faite en la matière, tant sur le plan sécuritaire qu’en termes de liberté d’expression, en particulier sur Internet, ne constituerait pas moins qu’une victoire que nous leur offririons. Sur ce point en particulier, le zèle dont font preuve les tribunaux depuis les attentats pour condamner à des peines de prison ferme toute parole dissonante ou provocatrice apparentée à une apologie du terrorisme nous oblige à la plus grande vigilance.